AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez|

; Et encore, et encore caresser tes cheveux. { PV Tasha Bloody }

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
avatar

Invité
Invité




MessageSujet: ; Et encore, et encore caresser tes cheveux. { PV Tasha Bloody } Dim 20 Mar - 10:16

« Tu es mon amour ou tu ne l'es pas
Tu es mon amour ou tu ne l'es pas
Si oui, tu dois faire tout, oui tout pour moi
Si oui, tu dois faire tout, oui tout pour moi

On va de l'avant ou l'on n'y va pas
On prend les devants ou on ne les prend pas
Si, d'aventure, tu te joues de moi
Change les serrures et prends garde à toi

Je voudrais que ce séjour dans tes bras
Que tes caresses ne s'arrêtent pas
Je voudrais compter les jours sur tes doigts
Tu es mon amour ou tu ne l'es pas

Nous sommes amants ou n'en sommes pas
Nous sommes amants ou n'en sommes pas
Et face au vent on se soutiendra
Dans quarante ans, on s'en souviendra

Tu es mon toujours ou tu ne l'es pas
Tu es ce velours si doux sous mes doigts
Et ce détour qui n'en finit pas
Oui, ce détour qui n'en finit pas

Je voudrais que ce séjour dans tes bras
Que tes caresses ne s'arrêtent pas
Je voudrais compter les jours sur tes doigts
Ou tu es mon amour ou tu ne l'es pas

Mais, tu es muette, tu ne réponds pas
Tu es mutine et bien sûre de toi
Tu es mon amour ou tu ne l'es pas
»

Le Soleil est déjà bien haut dans le ciel vide de tous nuages superflus. Ils ont quitté le bord, ils sont partis loin, loin d’ici, loin de cet astre brûlant qui malgré ses puissants rayons ne peut réchauffer mon corps glacé, mon âme en peine. Ils se contentent de baigner mon visage désemparé d’une aura lumineuse, faisant luire davantage mon émeraude se noyant dans les larmes. Mais il n’y a rien à faire, c’est finis c’est ça ? La question résonne dans ma tête mais ne trouve aucune réponse pour y faire écho. Sa route est longue, elle rebondit, elle revient sans arrêt mais ne peut mourir. Un léger vent vient faire s’agiter mes cheveux roux, caressant mes joues, effleurant doucement ma nuque attirante. Y-a-t-il encore de la beauté cachée dans ce cadavre ambulant, laissez-moi chercher ... Non, je ne crois pas … Ma main droite se porte doucement à mon visage tandis que mes doigts fins viennent caresser doucement le bandeau noir dissimulant le fardeau qu’engendrait le fait d’être borgne. Un long gémissement s’extirpa de ma gorge dans un hoquet souffreteux. Je suis immobile, là, planté, incapable de tout. Telle une statue, je n’esquisse aucun mouvement, du moins je ne peux plus. Je n’en ai plus la force, plus l’envie à vrai dire. Je ne peux que laisser mon regard vert divaguer faiblement, là haut, là où cette âme libérée, tant aimée, peut se reposer après tant de violents combats. Enfin.

Mais moi je reste en bas, sur Terre, à attendre. A souffrir sans pouvoir réagir. A laisser partir des opportunités éphémères. Pourquoi ne puis-je pas retenir mes émotions, pourquoi mes larmes continuent-elles de ruisseler sans obéir à mes ordres vains pour les retenir, pourquoi suis-je tombé aussi bas, plus bas que terre? Je suis loin, si loin d’être l’idéal que j’avais tant rêvé d’être et qui avait poussé mon enrôlement auprès des Bookmen. Non, je ne suis plus qu’une âme seule et sans but, loin de ce soleil réchauffant les cœurs de tous.

Ce soir, cette nuit, cette vie. Le strident noir corbeau s’est éteint, les ténèbres se sont amassées près du cadavre invisible, caché de tous, caché des regards opportuns et sadiques, le souffle s’est coupé comme s’arrête un chant en plein acte, brutalement. Ce soir, cette nuit, cette vie. Mon monde a pris fin, mettant un point final à la longue et barbante rédaction de mon existence, la réalité s’est inscrite dans mon champ de vision brouillé par les larmes, comme une silhouette déformée par sa monstruosité inhumaine. Pourquoi devait-elle être si dure, si cruelle, avec ce sourire mauvais se dessinant sur les lèvres sanguinolentes de ce visage mort ? J’ai perdu l’être profond de mon âme obscure. J’ai perdu le tendre cœur de la lumière divine. J’ai dû laisser partir celle pour laquelle mon cœur battait à tout rompre. Continue-t-il de s’agiter dans ce torse vide ? Non. Si ce n’est pour répandre la douleur et la peine dans mes blessures béantes, un peu plus chaque seconde passante, un peu plus à chaque respiration douloureuse. Aujourd’hui, la vie m’a planté là. Tout simplement. Ahuri. Dans l’incompréhension la plus totale. Sans se retourner vers mes frêles épaules qui déjà se courbent sous le poids encombrant du désespoir.

Je devais être maso. Comment pouvais-je cacher ce fait si omniprésent dans mon esprit, ce cercle vicieux duquel je ne pouvais échapper même après tant de faibles efforts ? Non, il fallait me l'avouer. Et quand bien même il m'arrivait d'espérer, que la blafarde lune cesserait un jour de se moquer de moi, je voyais en ces railleries le plaisir de l'attention la chaleur de regards qui animaient ces fades journées passées à chercher l'amour d'une silhouette connue.
Mais aujourd'hui, l'astre blanc ne pouvait arpenter les méandres de mon esprit. Non, aujourd'hui il y avait beaucoup plus important, un espoir tant de fois abîmé que j'avais cru vouloir l'annihiler et qu’il fallait maintenant anéantir pour de bon.

De toute manière, cette proximité entre nous m’avait toujours troublé énormément. Aux réponses que j'avais cru trouver dans cette rencontre tant de fois comparée à une utopie ultime pendant ces années de vide, seules de nouvelles questions aveuglantes semblaient se dessiner brutalement autour de nos pauvres corps anéantis, puis nous encercler dans un étau étouffant et meurtrier. Je me noyais dans cette puissante vague d'interrogations, dans ce dévastateur surplus d'informations trop important pour laisser intact ma conscience. Que faire ? Alors que j'avais toujours attendu ce moment, comme le trésor tant de fois protéger du monde extérieur, comme ce rêve idyllique que j'avais tant espéré vivre. Mais maintenant l’avenir s’était rompu. Maintenant tout avait pris fin. Et les questions que j'avais si longtemps gardées muettes se déliaient inexorablement de leurs vaines chaînes. Qu’avais-je pu éprouver pour elle ? Cela dépasser le bon entendement, cela dépasser mon bon vouloir. Mais elle était morte. Morte. Morte. MORTE. Il n’y avait plus rien à espérer, plus personne à chercher du coin de l’œil. Il fallait se résigner, aller de l’avant, comme tout le monde me le recommandait. Mais je ne pouvais pas, je ne pouvais pas. Oublier sans douleur était impossible, et pour expier les fautes que depuis si longtemps j’étais le bourreau, il me fallait laisser la souffrance se faire reine, et mon corps esclave, soumis à ce flot de sang. Et pourtant je ne pouvais me résigner à souffler sur la flamme qui brûlait mon cœur, le baignant dans ce que l'on m'avait toujours dis être l'amour.

Non, aujourd’hui il n’y avait plus d’amour. Du moins il ne fallait plus y croire. Aujourd’hui il n’y avait plus que les larmes, ruisselant sur mes joues si pâles. Plus qu’elles, pour animer ce visage cadavérique. Le silence me faisait étouffer.
J’étais seul, seul avec moi-même.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité




MessageSujet: Re: ; Et encore, et encore caresser tes cheveux. { PV Tasha Bloody } Dim 20 Mar - 13:45

Lavi & Tasha
Un grand merci à Ablyssounet chéri pour ses codes ♥




    Je ne sais pas, je ne sais plus. Quand est-ce que ces songes ont commencé exactement? Je l’ignore. Je ne me rappelle plus. Non, je ne veux pas me rappeler. Ne pas visiter ces méandres interminables que sont mes pensées, mes souvenirs et mes secrets. J’ai peur de l’inconnu. Il est fourbe et poignant. Il prend le temps de vous mettre en confiance pour finalement vous poignarder dans le dos. L’inconnu est effrayant et sombre. Personne n’est maître de son destin. On ne peut flirter avec le hasard pour qu’il tire les cartes comme ça nous arrange. Le hasard est cruel et se joue du malheur et de la tristesse des gens. Lui, il continue à battre les cartes du destin, dansant jovialement sur les cartes jonchant le sol qui représentant les évènements déjà passés.

    J’aime la nuit. L’astre lunaire y resplendit avec grâce et puissance. J’ai toujours voué un profond intérêt pour ce ciel si changeant. D’un bleu clair la journée, il passe à un bleu foncé, presque noir, la nuit. Les étoiles se collent sur cette grande toile suspendue au dessus de nos têtes et la Lune, elle, s’impose de par sa brillance et sa beauté. La Lune est l’astre qui m’est indispensable. Je peux aisément me tapir dans l’ombre la journée pour fuir le soleil. Mais je ne peux décemment pas me cacher de cette Lune qui m’attire tant.

    Mes souvenirs me renvoient régulièrement à mes moments auprès de Seidji. Je me souviens de ce grand chêne derrière la maison, en haut de la colline. Ce grand arbre où je trouvais refuge lorsque les autres enfants faisaient de ma vie un enfer permanent. Seidji savait m’y retrouver. Il me prenait dans ses bras, me réconfortant, me berçant de ses douces paroles dont je me délectais inlassablement. Je buvais ses paroles et dévorais ses sourires éblouissants. Je l’aimais, je l’aime encore. Chaque nuit, lorsque la Lune se montrait suffisamment clémente pour exposer sa beauté aux yeux du monde, Seidji m’emmenait prêt de cet arbre et nous passions des heures à la contempler en silence.

    J’esquissa un sourire tandis que ma main glissait sur le mur humide et froid. J’avançais à pas feutrés dans cette rue plutôt bien éclairée par les rayons lunaires. Ma main quitta le mur, lentement, sans bruit. Mon regard fixait les ombres gigantesques crées par les bâtiments et les quelques arbres. Je pourrais m’attendre à voir débarquer Jey, ma respectueuse aînée, maîtresse des ombres. Un sourire étira de nouveau mes lèvres. Je doute qu’elle puisse s’ennuyer au point de vouloir me suivre. J’avançais alors d’un pas plus ou moins assuré, me rapprochant de l’endroit où je voulais me rendre.

    Une brise s’éleva et fit virevolter mes cheveux dans tous les sens, leur faisant participer à un balais chaotique et frénétique. Je m’étais arrêté et contemplais le spectacle désolant devant moi. Cette personne qui pourrait se recroqueviller sur elle-même jusqu’à se briser en deux. Cette personne dont les sanglots inaudibles résonnent dans mon crâne comme une litanie suppliante et désespérée. Le vent joue également avec ses cheveux de flammes. Le dos courbé, je n’aperçois pas son visage. Je reste là, devant lui, à quelques pas, droite comme un piquet. J’attendis un instant puis m’avança. Je tendis ma main vers son crâne. Je fourragea ses cheveux de façon réconfortante. Me décalant sur le côté, je pris place à ses côtés et passa mon bras sur ses épaules afin de le ramener contre moi. J’avoue avoir longtemps fuit le contact avec les gens mais… certaines personnes me donnaient envie de les touches, les enlacer. Une fois contre moi, je repris ma caresse dans ses cheveux tout en murmurant des paroles que je voulais réconfortantes.

    - Lavi… calme toi. Tu n’es pas seul, je suis là.

    Je savais que mes paroles n’étaient sans doute que des mots en plus, que les lui avaient déjà probablement dites, mais il devait savoir que j’étais là. Qu’importe le nombre de fois où il sera à genoux, je serrais là pour le relever, pour le faire avancer afin qu’il puisse profiter d’une vie meilleure. Il la mérite beaucoup plus que moi. Mais je ne devais pas dire quoique ce soit qui puisse trahir mon identité. Je savais, j’avais vu le cadavre gelé, l’expression figée, la lumière qui s’éteignait. J’avais vu tout ça à travers les souvenirs de Lavi. Mais je ne dois pas être au courant et doit continuer, malgré moi, à jouer l’ignorante.

    - Que se passe-t-il Lavi? Je ne t’ai jamais vu dans un état pareil… Tu sais que tu peux tout me dire… Mais, si tu as simplement besoin d’une épaule pour pleurer ou d’une oreille pour t’écouter, sache que je serais toujours là. Ne l’oublie pas, neh?
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité




MessageSujet: Re: ; Et encore, et encore caresser tes cheveux. { PV Tasha Bloody } Dim 27 Mar - 9:48

« Courir à perdre haleine
Sous les étoiles, on nous voit à peine
La nuit chasse les dilemmes
Dis-moi encore que tu m'aimes
Des amours, des questions me reviennent
As-tu retrouvé les tiennes
Et si l'on rejouait toutes les scènes
Dis-moi encore que tu m'aimes
Le soleil, les fleurs, les persiennes
Les pluies vont être diluviennes
Sens-tu le parfum que le vent ramène
Dis-moi encore que tu m'aimes
Entends-tu la mécanique ?
Quand se déroule le générique ?
Et si l'on rejouait toutes les scènes ?
Dis-moi encore que tu m'aimes
Et si on modifiait les thèmes ?
Dis-moi encore que tu m'aimes
Et si l'on rejouait toutes les scènes
Dis-moi encore que tu m'aimes
La vie reste fragile tout de même
Et ce trafic qui nous amène
Et si l'on rejouait toutes les scènes
Dis-moi encore que tu m'aimes
Et si l'on modifiait les thèmes
Dis-moi encore que tu m'aimes.
»

https://www.youtube.com/watch?v=--94xSm7TbM

L’air est chaud, pour on ne sait quelle raison, on ne sait quelle faille dans cette logique plus que bancale. Ce n’est pourtant pas particulièrement la saison pour ce genre de température, et il n’y a rien à réchauffer. Encore moins le corps du rouquin qui se tient là devant mes pauvres yeux ébahis. Combien de temps était-il resté ici, inutile et sans but, mort et meurtri ? Je ne saurais vous répondre tant l’envie de m’abandonner aux bras de Morphée m’avait malheureusement atteint pendant cette longue et barbante attente. Mais rien n’avait rien changé, rien ne s’était passé, et l’ennui semblait rôder dans le coin, cherchant une proie assez chétive pour succomber à ses charmes. Et pour être honnête, l’idée me titillait le cerveau. Cependant, il était bien trop ramolli, par la fatigue et la tristesse, pour agir consciemment, s’agiter dans cette boîte crânienne vide qui n’abrite que lui. Alors je reste là, à l’observer, lui et lui seul, à commenter ce désespoir insoutenable qui chaque seconde gagne un peu plus de terrain sur ce mental, autrefois d’acier, et maintenant en ruine. Lavi est immobile, ses mouvements hachés ne fendent pas l’air dans un trait rectiligne et fluide. Non, la cage se refermait sur sa pauvre existence. Mais il s’en fout, non ? Pire ! Il ne demande que ça. Voilà le dernier moyen, pour lui, de se sentir vivant. Quel comble ! Un mort ne peut prétendre à la vie, pourtant il continue. Quel con, franchement. Tu ne trouves pas, Lavi ?

Je t’entends tu sais. Tch. J’ignore pourquoi je prends la peine de répondre à quelqu’un de ton espèce. Mais … Hm. Je … Je ne suis plus vivant, c’est ça ? Répond moi.

Honnêtement ? Non.

Oh. Qu’il soit ainsi alors. Ce n’est pas si horrible que ça … J’arriverai à vivre dans ces conditions. J’ai bien réussi à surmonter ma rousseur !

Tu sais bien que ce n’est que la manière dont tu vois le monde, que ce n’est qu’une vision obscure qui laisse un voile opaque recouvrir ta prunelle émeraude. Arrête de regretter, fais selon tes désirs, obéis à ton cœur pour une fois. Lavi, tu aurais pu décider de vivre il y a longtemps, tu aurais pu. Pourtant tu as emprunté la voie la plus sanglante et douloureuse qu’il soit. Tu l’as fais consciemment, pensant passer outre ces maux que tant de tes prédécesseurs avaient traversé pour en succomber quelques temps après. Ferme les yeux, une bonne fois pour toute, secoue toi, bouge ton p’tit cul de sale roux. Arrête de constamment regretter le moindre de tes faits et gestes. Ce n’est qu’une question de point de vue, de conviction, affirme toi, crois en toi. Il te faut avancer, oublier ce que te rabâche Panda. Il ne veut que t’enfermer à ses côtés, l’héritier tant désiré qui …

Ferme-la. Ferme-la ! TA GUEULE. Je suis l’héritier des Bookmen, et pour cela je ferais tout, tout. Tu ne pourras rien y faire, tu ne pourrais pas me stopper ! J’ai fais trop de sacrifices, j’ai laissé derrière moi trop de joie pour m’arrêter là ! Il en est hors de question, j’accomplirai ma mission jusqu’à mon dernier souffle. Même si je dois utiliser mon sang comme encre, même si je dois tremper ma plume dans celui des humains. Ce ne sont que des mots sur du papier, tous se surestiment et se prennent pour ce qu’ils ne sont pas. C’est pour me différencier de l’espèce humaine que j’ai choisi cette voie ! Pour regarder de haut ces massacres permanents ! Nous, Bookmen, sommes différents ! Je refuse d’être comparer à de tels monstres … Je … Je …

Tu serais prêt à tout, toi, enfant embarqué dans une lutte sans merci. Tu as eu le choix, tu l’as fais. Mais ça s’arrête là. Tu ne fais que subir, ne cherche pas plus loin, on te manipule, on t’entraîne, on te fait grandir. Mais tout va trop vite, tu le sais très bien. Tu dois développer ta mémoire extraordinaire beaucoup trop rapidement, tu dois tout faire et tout de suite. Un jour tu craqueras, toi et moi le savons. Mais si tu es prêt à tout, alors tant mieux ! Serais-tu prêt à tourner le dos à ceux que tu as eu le malheur d’apprécier ? Serais-tu prêt abandonner ceux que tu aimes ? Hikari par exemple ?

Elle n’est plus. Tu le sais très bien, comment peux-tu ignorer. Je te hais, il ne sera pas si horrible de te laisser derrière moi. Pauvre bête. Pauvre chose.

Allen, Kanda, Cielle, et tous les autres ? Accepterais-tu de l’abandonner elle ? Tu sais très bien de qui je parle. N’est-ce-pas ? Pourquoi restes-tu silencieux ? Tu m’ignores c’est ça. Elle est devenue trop importante à tes yeux. Tasha, Tasha Tasha. Maintenant il n’y a presque plus qu’elle, n’est-ce-pas ? Cela fait bientôt plusieurs mois que ta vie a volé en éclat, plusieurs mois que tu tentes tant bien que mal d’éviter tout contact avec l’extérieur, que tu charcutes ton corps pour ressentir la douleur de la vie. Mais tu ne peux plus, Lavi. Lavi. LAVI. Écoute-moi. Ecoute-la. Elle est ta seule lumière dans ce monde peint du sang des hommes, ton seul espoir dans cet avenir déchiré. D’ailleurs, pourquoi ne l’as-tu pas remarqué ? Elle approche, et tu es bien trop déboussolé pour l’avoir vu. Un Akuma aurait tôt fait de te tuer, jeune scarabée.

Laisse-moi, maintenant.

C’est vrai, elle est là. Sans que je n’aie le temps de réagir, sa présence brûlante se fait déjà sentir sur ma peau. C’est si réconfortant, mon corps se réchauffe déjà. Je retiens mes larmes avec peine, elle ne doit en aucun voir un homme aussi viril que moi dans un état pareil. Hikari était morte. C’était un fait établi, et mon cœur ne pouvait accepter ce déchirement seul. Tant de gens avant était passé, effleurer mes joues, vérifier si je ne me laissai pas mourir. Tant de gestes d’amitié, pourtant il n’y avait qu’aux côtés de Tasha que je pouvais enfin me sentir apaiser, en paix avec ce drame. Oui, elle me permettait d’oublier, ou plutôt d’accepter. Plus le temps passait et plus mon regard la cherchait dans la foule, à la place de cette exorciste que j’avais aimé. Sa main caressant ma peau, je restais silencieux quelques minutes avant de laisser une voix fébrile s’échapper de ma gorge :

« Je l’ai perdu. »

Il était encore trop douloureux d’employer les mots exacts, mais cet euphémisme disait déjà tant de choses, tant de sentiments. Il me fallait faire violence pour ne pas fondre en larmes. Mais ne s’y mêlerait-il pas des larmes de joie ? J’étais avec elle, et c’était le principal. Qu’importe le monde, qu’importe la vie, si elle était là.

« Je ne veux pas retourner à la Congrégation. Je ne peux plus. Je veux dire … »

La Congrégation, c’était à la fois ma maison et le tombeau de mes souvenirs. Pourtant Tasha devait en ignorer l’existence, je l’avais mentionné sans vraiment réfléchir. Ma prunelle humide se plongea dans son regard compatissant, tandis que les commissures de mes lèvres frémirent avant de s’étirer en un sourire encore mal assuré.





Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité




MessageSujet: Re: ; Et encore, et encore caresser tes cheveux. { PV Tasha Bloody } Lun 28 Mar - 4:56

Kasunda chihei no mukou ni
Nemureru Hoshi no Souwa
"Akenai Yoru wa nai yo" to
Ano hi no tsumi ga warau

Furueru kimi wo dakiyose
Todokanu kokuu wo aogu
Kikoeru yami terasu kane
Kimi e to michi wa tooku






J’ai peur. Peur de le perdre. Inutile de le nier. Ses secrets, ses souvenirs m’effraient. La mort d’Hikari l’a profondément affecté au point qu’il renonce à tout, absolument tout. Il s’enfonce davantage dans des ténèbres où je ne peux m’aventurer. J’ai beau tendre la main vers lui pour le tirer vers la lumière, s’il ne veut pas la saisir, je ne pourrais rien. Le forcer ne ferait qu’ajouter un fardeau supplémentaire sur ses épaules. Le laisser s’aventurer sur un chemin sombre tel que celui-ci n’est pas non plus une bonne idée. Que faire?

J’ai peur. Peur de l’inconnu. Et Lavi s’aventure dans l’inconnu, là où je ne peux le suivre. Là où je suis impuissante, là où j’ai peur. Mes nuits sont ponctuées de cauchemars. Je vois sa chevelure de flamme se ternir à chaque pas qu’il fait, je vois son éclatant sourire se perdre, son émeraude perdre de son éclat. Puis je vois son corps s’amaigrir pour finir par se disloqué sous mes yeux. Et je me réveille en hurlant de terreur, alertant mon akuma, Kira qui rapplique aussitôt pour s’assurer de ma sécurité. Cette image hante mes nuits comme mes jours. J’essaie de ne pas y penser afin de n’inquiéter aucun Noah. Je continue à utiliser mes nombreux masques de façade. Il n’y a surement qu’avec Ablyss que je peux retirer ce masque. Je refuse d’inquiéter Shin ou Lavi. Et pourtant… ce soir, ce masque est tombé, laissant place à cette inquiétude monstre qui me dévore de l’intérieur.

- Je l’ai perdu.

Mon cœur se serra. Cette si simple phrase qui signifiait tant. La perte d’Hikari, la perte de sa joie, de son bonheur, la perte de son temps. Peut-être même la perte de son humanité. Je ne répondis pas, me contentant de fourrager tendrement ses cheveux pour le rassurer. Je n’étais décidément pas douée pour réconforter les gens… Même ceux auxquels je tiens le plus. Le voir dans cet état tandis que ses secrets les plus enfouis s’imposaient à moi de par notre contact. Je tente toujours de trouver la force nécessaire pour stopper ce flux d’informations si dense. A chaque fois que l’on se touche, je finis par être submergée par tout son savoir et je suis obligée de prétexter une excuse pour rompre tout contact physique.

- Je ne veux pas retourner à la Congrégation. Je ne peux plus. Je veux dire…

La Congrégation… Est-il conscient qu’il vient de révéler une information se voulant confidentielle à une inconnue à ce monde? Enfin, pas tellement inconnue puisque je suis moi-même une Noah et que je n’ignore pas cet état des choses. Mais dans une certaine optique, Lavi croit que je ne suis qu’une civile. Bien sûr, je ne dois pas lui montrer que je connais l’existence de ce monde de guerre dans lequel nous baignons nos pieds tous les deux. Cette mare de sang qui s’étend devant nous, cette route sinueuse jonchée de cadavres et de sacrifices en tout genre. Inconsciemment, chaque pion emprunte ce chemin qui nous conduira tous vers cet inconnu dont j’ai tant peur. Alors je m’arrête et je tente d’arrêter Lavi. Le stopper dans cette course chaotique où seule la mort règne.

- J’ignore où se trouve cet endroit où tu ne veux pas retourner mais… Je suppose que tu y as des amis qui tiennent à toi, non? Si tu n’y retournes pas, ils s’inquiéteront pour toi. Tu comptes autant pour eux que tu comptes pour moi Lavi. Souhaiterais-tu les priver de ta présence pourtant si indispensable?

Je suis parfaitement consciente de mes propos. Je pourrais retourner la situation à mon avantage de manière à ce qu’il m’appartienne… mais je ne peux décemment pas le soustraire à la Congrégation. Tous ces exorcistes, ces scientifiques et autres sont comme sa famille. Parais-je si cruelle pour lui faire ça? Je ne veux que son bonheur, c’est tout ce dont je souhaite. Je veux le revoir sourire comme avant. Je veux revoir cet éclat dans son iris émeraude, je veux revoir Lavi heureux.

- Ne te tracasse pas l’esprit Lavi. Il n’est pas bon de vivre de son passé. Il faut être fort et avancer la tête haute.

Je pencha légèrement la tête pour esquisser un sourire face au sien puis j’entrepris de caresser tendrement sa joue. Il semble si démuni que je serais capable de tout pour l’aider.

- Ne te force pas à sourire. J’ignore par quoi est-ce que tu passes exactement mais… sourire alors que ça ne va pas ne fera que m’inquiéter davantage. Ne te voile pas la face simplement parce que tu ne souhaites pas m’inquiéter Lavi. Je suis là et je le serais aussi longtemps que tu auras besoin de moi. Si pleurer peut apaiser ton cœur, fais-le. Tu n’es pas seul Lavi.

J’osa m’avancer vers lui et déposa un chaste mais tendre baiser sur le sommet de son crâne avant de lui pointer cette grande toile sombre suspendue au dessus de nous. Cette étoffe nocturne où sont accrochées des millions d’étoiles, astres insaisissables mais si beaux. La lune, elle, trônait fièrement sur cette étoffe pailletée. Sa lumière nous éclairait tous les deux ainsi que les environs.

- Tu vois toutes ces étoiles Lavi? Depuis ma plus tendre enfance, je continue à croire ce que mon frère aîné m’a raconté. Il m’avait dit que chaque étoile représentait l’âme des humains morts sur terre et que ces derniers veillaient sur nous.

J’échappa un léger rire amusé et moqueur envers moi-même. Croire encore à ce genre d’enfantillages amuserait peut-être Lavi…
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité




MessageSujet: Re: ; Et encore, et encore caresser tes cheveux. { PV Tasha Bloody } Mar 26 Avr - 4:27

http://www.deezer.com/listen-3119543

« Mes apparences ne te trompent pas
Tu perces sous le sourire conquérant
L'ego défaillant
Tu fais voler le vernis en éclat
Et tu démontes le mécanisme complexe
De mes défenses et de mes réflexes
Car tu me vois vraiment
Car tu me vois, tu me ressens
Tel que je suis vraiment
Car tu me vois et tu m'entends
Tu rouvres la cage où, surprotégé,
Je m'étais à double tour enfermé
De peur de t'aimer et de m'engager
Plus d'artifices, ni de lignes floues
Mes plus gros défauts, mes pires faiblesses
Sont pour toi mes principaux atouts
Et je me vois vraiment
Dans le miroir que tu me tends
Tel que je suis vraiment
Alors je cède et je me rends
Pour toi, je dépose corps et armes
Je dépose corps et armes
Au moment où je m'y attendais le moins
Un ange m'est apparu dans un coin
Je dépose corps et armes
Je dépose corps et armes
Tu mets en lumière toutes mes zones d'ombre
A l'intérieur de moi, il faisait froid et sombre
Et je me vois vraiment
Dans le miroir que tu me tends
Tel que je sois vraiment
Alors je cède et je me rends
Pour toi, je dépose corps et armes
Je dépose corps et armes
Tu mets en lumière toutes mes zones d'ombre
A l'intérieur de moi, il faisait froid et sombre
Je dépose corps et armes
Je dépose corps et armes
Je n'oppose aucune sorte de résistance
Tu me fais renaître et je savoure ma chance
Car tu me vois vraiment
Car tu me vois, tu me ressens
Tel que je suis vraiment
Car tu me vois et tu m'entend.
»

La respiration lente et irrégulière, le monstre reste immobile, comme mort. Je fais quelque pas en avant, me rapprochant de ce corps difforme qui semble être agité par la peur. Il tremble, mes lèvres se pincent. J’ai pitié pour lui, honnêtement. Son visage pâle n’exprime rien, tellement la frigidité semble habiter ces angéliques traits fins, seule une pointe de moquerie perce légèrement à travers cette prunelle d’un vert profond. Est-ce vraiment de la raillerie ? Son regard semble plutôt perdu. Je secoue la tête. Il laisse le froid infiltrer son corps comme un mal inexorable, il ne fait rien pour retenir cette douleur. Ce froid qui dicte son quotidien, ce mal propre à cette prison d’où le monstre est lâchement enchaîné. De ces liens, il ne peut se débattre. Pire, il semble chérir ce contact froid et douloureux comme l’unique et dernier moyen pour lui de se sentir vivant. Pourquoi ? Je me rapproche encore une fois, son torse est nu. On peut y apercevoir de nombreuses cicatrices, vieilles ou récentes. Mon regard suit leurs courbes blanchâtres, elles sont mal dessinées et ont été assénés à la va-vite, presque avec panique ou rage. Ces sillons se profilent sur son torse dans une danse désordonnée. Sauf sur les bras, là on peut y remarquer des balafres droites peu profondes, assenés de manière beaucoup plus méthodique. On dirait que le sang ne circule plus ici, c’est triste. Le monstre soudain se met à bouger, une lame à la main. Cette dernière plonge dans la peau de ses avant-bras dans un craquement sinistre, il frémit de douleur, les lèvres tremblantes. Il pleure. Il pleure. Il pleure.

Ce monstre, ce n’est personne d’autre que moi. Pourquoi mes larmes sont-elles faites de sang ?

Plus petit, j’avais trouvé un moyen de m’échapper dans la littérature. Depuis toujours, je portais au plus profond de mon cœur une passion dévorante pour l’écriture. Il y avait tant de beauté à tirer de ces lettres, tant de sentiments à éprouver, tant de choses à vivre. C’était bien plus qu’un simple intérêt, et personne n’arrivait à comprendre cet amour qui m’animait. J’arrivais à survivre grâce à ça, j’arrivais enfin à dissimuler ma peine. De ces mots se dessinant sur le papier vierge, de cette encre noire peinte soigneusement sur ces lignes, je croyais pouvoir me perdre et oublier ce qui m’entourait. L’Homme, le travail, parfois les coups de Panda que je chéris tellement. Les pages blanches se remplissaient bien vite, jusqu’à devenir d’épais paquets qui volaient en éclats au moindre coup de vent. Pépé fermait les yeux sur ça, il était le seul à percevoir ce que je pouvais vivre, ce que je pouvais chercher. Lui aussi était un jour passé par là. J’étais son successeur, il fallait qu’il sache entretenir cette flamme dans mon cœur. Il fut un temps où tout cela me suffisait, où à mes heures perdues je me plongeais corps et âmes dans cet état second dans lequel cela me noyait. J’oubliais le reste du monde, j’en devenais sourd, incapable de réfléchir pour tout autre activité. J’avais fais de ce plaisir mon quotidien, j’attendais impatiemment que le Soleil se meurt et que ma Plume prenne vie. Sous ma main, de mes idées, un monde prenait forme, des protagonistes évoluaient, aimaient, souffraient, mouraient. Mais à aucun moment ils ne s’ennuyaient. D’autres aspirations avaient fait leur arrivée, la musique par exemple, mais Grand-père ne m’avait jamais autorisé à pratiquer cet art. Il m’arrivait parfois de dessiner, j’étais plutôt doué, mais cela ne remplaçait jamais l’attrait des mots, des lettres, de ces phrases si poétiques qu’elles comblaient pour peu de temps ces questions qui se faisaient écho dans mon crâne. Les jours passaient lentement et je me perdais de plus en plus dans ce que je m’inventais au fil du temps. Le temps passait, et la réalité dans laquelle j’évoluais ne me convenait plus. J’avais constamment besoin de plus, face à ce vide méprisable qui creuser son trou dans ma poitrine. Je m’ennuyais constamment comparés à ces êtres que j’inventais de toute pièce. Ils étaient à mon image, chacun représentait une partie de mon âme. Je m’identifiais à eux, à leurs questions, à leurs souffrances. Je les enviais tellement. Même face à la douleur, ils ne trouvaient jamais de répit pour s’ennuyer.

Puis j’avais trouvé Hikari, et pour elle j’avais été capable d’abandonner l’écriture. Je les avais délaissés, j’avais renoncé à leurs appels désespérés. Ils étaient morts sous ma plume, pire, ils s’étaient ennuyés sous mon regard amusé. Je croyais prendre ma revanche sur eux, pour une fois c’était à moi de « vivre ». Enfin, le sourire qui se peignait sur mes lèvres ne trouvait pas ses origines de mon imagination. Le rêve n’était plus sur le papier, mais dans la réalité. Mais le temps passe, et ce rêve s’efface. Le temps passe, mais rien ne change. On ne fait que répéter hier. Et bien assez vite, ils me rattrapèrent, bien assez vite Hikari se brisa. Mais de son absence, mes protégés n’arrivaient pas à me consoler. Je me sentais mort, terriblement mort. Je ne ressentais plus rien, Pépé s’inquiétait. Et c’est là que j’ai commencé à m’effondrer et à sombrer. On croit toujours que c’est pour les autres, que rien ne nous atteindra jamais. Mais on se fait rattraper bien assez vite, on voit les drames se dérouler près de chez nous, on voit nos amis mourir sous nos yeux. On se sent impuissant, on sent égoïste pour penser à son propre sort avant tout. On a peur du noir, soudainement. On a peur de fermer les yeux et de voir leurs fantômes nous hanter. On ne dort plus, on se laisse mourir. Et puis on se fait souffrir pour se ramener à la vie. Tout simplement.

Je m’en voulais tellement, peut-être allais-je oublier trop vite. Hikari, tu es morte. Et moi je continue d’errer dans ce monde que nous voulions parcourir ensemble. Hikari, tu n’es plus là. Et le monde n’est pas du tout rose sans toi. Pourtant il y a Tasha. Et mon cœur brisé semble se réanimer. Il bat à tout rompre quand elle est près de moi, il semble exploser au sein de ma poitrine. Ma respiration se fait irrégulière, j’ai presque du rouge aux joues. Elle y avait sa main dans mes cheveux écarlates, ce contact tant aimé et tant désiré. Je frémissais.

« Je veux rester avec toi. Je ne demande rien de plus. » Je souris tristement. Oui, c’était ça. Je la voulais elle, plus que tout. J’avais peur de rentrer maintenant. Peur d’affronter Kanda et son mutisme, peur d’affronter le regard des autres. Je voulais voir Eva, qu’elle me réconforte dans ses bras. Mais tout était trop loin et le chemin si long que je n’en voyais pas le bout. J’allais m’effondrer sur ce sentier de retour, mort, sans rien. Je voulais être soulagé. Là, et maintenant.

« Mon passé, c’est tout ce que j’ai. » Je soupirai, posant ma main sur celle de Tasha qui caressait doucement ma joue. Mes lèvres finement rosées s’étirèrent en un sourire sincère. « J’ai déjà tellement pleuré, je n’en suis même plus capable maintenant. » Je fermai les yeux lorsqu’elle déposa un baiser sur le haut de mon crâne. J’en faisais de même sur sa joue droite, une lueur tendre enflammant ma prunelle verte.

Je pris ensuite un air des plus sérieux, plongeant mon regard dans celui mauve de Tasha. Elle était si belle, je failli presque à garder mon air fermé. Elle me faisait oublier Hikari, j’avais une boule au ventre en sa présence. D’une voix hésitante, je pris la parole :

« J’ai l’impression que tu connais tout de mon âme, mais moi rien de la tienne. » Noah du Secret, j’arrive.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité




MessageSujet: Re: ; Et encore, et encore caresser tes cheveux. { PV Tasha Bloody } Ven 29 Avr - 4:20


- Je veux rester avec toi. Je ne demande rien de plus.

Que répondre à cela ? Vraiment ? Lui dire que rester avec lui rempli mon cœur d’un bonheur extrême ? Lui dire que je l’ai toujours aimé ? Non. Je ne peux dévoiler ainsi des sentiments que je lui cache depuis si longtemps. Je n’ai nullement le droit de l’aimer. Pour son bien, je ne dois pas. Pour le bien de tous. Pourtant, le hasard a encore battu les cartes du destin. Il a voulu rendre les choses plus difficiles qu’elles ne le sont déjà. Je l’aime. Je ne peux effacer ce sentiment comme j’efface tant de souvenirs. Je ne peux absolument pas le faire. C’est bien trop dur. Le perdre serait me conduire à l’abattoir.

Lui qui est si faible à cette sombre heure, si triste, si vulnérable. Je ne peux lui avouer mes sentiments. Lui rajouter un fardeau nécessaire sur les épaules n’est absolument pas une bonne idée. Je dois taire mes sentiments le plus longtemps possible. Même si c’est dur. Son tendre visage prêt du mien, sa douce voix à mon oreille, sa main dans la mienne. Comment voulez-vous que je puisse me retenir moi hein ?

Et puis… lui parler de ça maintenant serait vraiment très mal venu de ma part. Lui qui a perdu Hikari, je ne peux étaler mes sentiments comme une vulgaire courtisane profitant de la situation. Mais… peut-être que je profite finalement. Peut-être ne suis-je qu’une de ces nombreuses débauchées qui se réjouissent du malheur des autres ? Est-ce vraiment ce que je suis ? Mon dieu… ce n’est décemment pas l’image que je veux fournir de moi. Croyez-moi ! Ne me regardez pas de haut, pitié. Pas ça, plus comme avant. Je vous en supplie ! Pas ces souvenirs cruels de mon enfance, par pitié ! Stop !

- Mon passé, c’est tout ce que j’ai.

Si tu savais Lavi… je ne le connais que trop bien ton passé. Parcourir les routes du monde pour enregistrer chaque infime et misérable détails de chaque maudite guerre. Chaque atrocité que ton pauvre œil d’émeraude a vu défiler sans arrêt. Et à présent, toi qui n’était que triste spectateur impuissant, tu participes à l’atrocité de cette guerre qui se déroule sous nos yeux aveugles. Mais comment fais-tu Lavi ? Comment as-tu fait pour tenir tout ce temps ? J’aimerais t’avouer, te dire, te confier que je serais toujours là pour toi. Que je ne lâcherais jamais ta main, quoiqu’il arrive. Mais comment réagiras-tu à ça ? Est-ce que tu t’enfuiras ? Me laisseras-tu sur le bord de cette pénible route ou je me tue à te stopper ? Cette même route qui nous conduira tous à un triste et funèbre sort ?

- J’ai déjà tellement pleuré, je n’en suis même plus capable maintenant.

Lavi, honnêtement, fais moi plaisir. Arrête. Arrêter ? Arrêter quoi ? Qu’il arrête de me cacher ce que je sais déjà ? Quelle idiote je fais. Brusquement, je le pris contre moi, le serrant contre mon cœur. Hors de question que je t’abandonne tu m’entends ? Jamais je ne te laisserais courir seul sur cette voie. Jamais !

- J’ai l’impression que tu connais tout de mon âme, mais moi rien de la tienne.
- …

Un sourire esquisse mes lèvres. Oui Lavi, je connais toute ton âme jusqu’aux plus infimes méandres de ton esprit. Je sais tout, absolument tout. Ta question m’effraie. Que veux-tu que je réponde ? Que, oui, c’est le cas ? Que je connais tout de toi ? Que vas-tu alors penser ? Tu vas partir, me rejeter ? Comme tant d’autres l’ont fait avant toi ? Je refuse de briser tout lien entre nous. Tu me haïras, c’est sûr. Et j’ai peur de ça. J’ai peur de te perdre, le comprends-tu ça ? Peux-tu seulement t’imaginer à quel point ta présence m’est vitale ?

- Je suis seulement compréhensive Lavi. J’ai simplement eu besoin de t’observer. Là, assis sur ce banc à te morfondre. Aussi seul qu’un loup solitaire. Je refuse de te laisser là, seul sur ton banc. Tu croyais que j’allais juste te consoler vaguement avec quelques mots dénués de sens logique ? Tu croyais vraiment que j’allais te laisser ? Tu te trompes lourdement Lavi.

Je l’écarte de moi et bondit sur mes pieds. M’étirant, je lui tourne un instant le dos puis lui fait de nouveau face. Je m’agenouille devant lui, posant mes bras sur ses genoux, mon regard se plantant dans le sien.

- A quoi peux-tu bien penser hein ? Lavi, je… je serais toujours là moi. Quoiqu’il arrive, je ne lâcherais jamais cette main qui s’enfuit. Cette main qui est la tienne. Je ne te laisserais pas t’enfuir vers ces tristes et funestes ténèbres dans lesquelles tu te complais depuis beaucoup trop longtemps. Crois-moi, je vais te tirer vers la lumière.

Ma main se tend vers sa joue. Un instant, une caresse. Mélange d’amour et de complicité. J’ignore comment il interprétera ce geste. Pour l’heure, je veux juste une chose. Une simple chose. Qu’il sourit. Qu’il reprenne goût à cette vie pourtant si injuste. Je me lève, gardant ses mains dans les miennes. Je le tire avec force pour le mettre debout puis, doucement, je le ramène contre moi et l’enlace. Son essence envahit mon odorat. Sa chaleur réchauffe mon corps glacé. Et c’est toi le cadavre hein ? Laisse moi rire. De nous deux, je suis le cadavre. Celui qui se décompose lentement mais surement. Toi, tu n’es qu’un être sujet à la fatigue et à la tristesse. Sans parler du fardeau qui t’est incombé. Ma tête contre ton torse, je ne peux rêver meilleur instant.

- Je veux te revoir sourire Lavi, garder le meilleur du pire. Je veux te voir souriant, respirant la joie. Ne me redonne plus jamais pareille vision de toi. Je ne pourrais décemment pas survivre à ça.

Je m’écarte un peu de lui, à nouveau, puis j’ébouriffe ses cheveux de flammes. Ma main revient ensuite sur sa joue pour une énième caresse affectueuse. Je ne te laisserais jamais partir. Jamais. Alors arrangeons-nous pour que cet instant soit notre. Que tu puisses enfin retrouver un havre de paix, ne serait-ce que l’espace d’un court instant. Je recule puis regarde ailleurs avant de lui tendre la main, un sourire tendre aux lèvres.

- Viens Lavi. Ne reste pas seul.

Prends ma main je t’en prie. Ne t’enfonce pas davantage dans ces ténèbres où jamais je ne pourrais venir t’aider. S’il te plaît. Je sais tes doutes et tes tourments. Je sais ta souffrance. Je sais tout ça. Je les ai vécu et je les vis encore. Alors s’il te plaît, laisse moi t’aider, rien qu’une fois. Je t’en supplie, prends ma main.

Menteuse, menteuse, menteuse. Tu lui mens. Sais-tu que lui mentir c'est te mentir à toi-même ? Je te hais Tasha Bloody, je te hais !
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: ; Et encore, et encore caresser tes cheveux. { PV Tasha Bloody }

Revenir en haut Aller en bas

; Et encore, et encore caresser tes cheveux. { PV Tasha Bloody }

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
D.Gray'man - Le Réveil de Pandore :: « CITIES» ::  A.T ● W.O.R.L.D'S ● E.N.D-
Créer un forum | © phpBB | Forum gratuit d'entraide | Contact | Signaler un abus | Forum gratuit