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It's a cold cold night. < KANDA >

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Lust Heartnet
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MessageSujet: It's a cold cold night. < KANDA > Mer 16 Juin - 4:29

« Lust ? C’est toi Lust ? »

Le jeune homme écarta péniblement les doigts qu’il avait posés contre ses paupières, appuyant au point de faire naître dans la pénombre de sa vision des arabesques dorées, en entendant une voix douce retentir non loin de lui. Où était il, il n’aurait su le dire.
De longs cheveux noirs caressaient son visage, et il releva la tête, un peu effrayé, vers la personne qui le surplombait.
« Maman ? »

Mais le sourire mauvais que lui adressa la femme penchée sur lui n’avait rien de celui ivre de tendresse qu’arborait autrefois sa mère. Lust tenta de se redresser, de s’enfuir, sans y parvenir. C’est alors que quelqu’un déboula dans la pièce.
« Lust ? LUST ? »

Le gamin cessa alors de se débattre. Sa sœur était là. Vivante. Et elle allait le sauver. Sa sœur ainée lui jeta un regard tendre, mais également effrayé.

« Tout ira bien Lust. Tu n’auras pas mal. » Et elle s’avança pour saisir la main de sa mère. Les deux femmes s’avancèrent, prêtes à éteindre les étincelles dans le regard émeraude. C’est alors que derrière, il y eut un éclair blanc. Lust eut à peine le temps d’apercevoir son innocence passer à l’attaque, faisant naître des ronces qui vinrent étrangler sa sœur, que sa mère le transperçait d’un poignard qu’elle avait jusque là caché quelque part sous ses vêtements. La douleur fusa, insupportable, et les ténèbres s’emparèrent de son esprit.

Il ouvrit les yeux dans l’ombre de sa petite chambre, à la congrégation. Un soupir tremblant s’échappa de ses lèvres ; un rêve, ce n’était qu’un simple mauvais rêve. Le gamin se leva lentement, sans bien savoir pourquoi, et se dirigea aussitôt vers une chambre, au bout du couloir. Il ne savait pas d’où lui venait cette certitude, mais il savait, sans avoir le moindre doute, que cette chambre était celle de Yû Kanda. Un exorciste grognon, un peu violent, et qui se foutait totalement de son existence. Mais lui se souciait de celle du kendoka, aussi c’était vers lui qu’il allait pour chercher du réconfort, en cette nuit sombre. Kanda était après tout le seul exorciste auquel il avait daigné adresser plus de trois mots sans mentor sur ses sentiments, sur sa personnalité. Non, il avait simplement joué, comme toujours, mais le jeu, bien qu’assez dangereux pour attiser son intérêt, s’était fait étrangement douloureux.
La porte de la chambre s’ouvrit dans un grincement. L’obscurité était lourde, et un frisson agita les épaules du gamin frivole, qui n’était plus très fier à cet instant, tremblant encore de son cauchemar passé. Kanda était là, assis sur son lit, son regard sombre apparemment posé sur le mur d’en face. Mais il faisait noir. Il ne pouvait rien voir, alors, pourquoi…
Le jeune homme pivota vers Lust, et sans prononcer le moindre mot, s’avança lentement. Une main forte se posa sur le bras du joueur de cartes, qui recula d’un pas, soudainement effrayée.

« Kanda ? »

Mais on ne lui répondit pas. Le regard vide de l’exorciste manieur de katana vint simplement errer quelque part près des yeux écarquillés de Lust, qui se mit à paniquer sérieusement. C’est alors que la tête de Kanda bascula sur son épaule, un filet de sang coulant de son œil droit, mort et éteint. Un corps s’effondra au sol, et une ombre monstrueuse se dessina sur le mur en face de Lust, à la lumière du couloir qui passait par la porte cette fois grande ouverte. Lust se laissa tomber à genoux, à coté du corps glacé de Kanda. Et l’akuma fondit sur lui.

Cette fois, le jeune homme s’éveilla dans un halètement qui rompit le cycle infernal des cauchemars. Perdu, Lust laissa son regard fébrile balayer les environs, à la recherche du moindre monstre qui pourrait l’attendre. Dans un reflexe typiquement enfantin, il se pinça le bras. La douleur était bien réelle, mais celle qu’il avait ressentie lorsque sa mère l’avait assassiné avait semblée réelle, elle aussi. Tentant de reprendre sa respiration, il continua de se griffer le bras, s’accrochant à la douleur qu’il ressentait pour garder pied dans la réalité. Il ne pouvait pas se rendormir, pas maintenant alors qu’il n’était même pas sûr d’être éveillé. Machinalement, il continua de s’agripper à la chair fragile de son avant bras, même lorsqu’il sentit quelques perles de sang suinter des blessures qu’il laissait sur sa peau. Saigner lui prouvait qu’il ne rêvait pas… du moins il lui semblait.

Toujours persuadé d’être en plein cauchemar, il délaissa son bras qui paraissait avoir été pris pour cible par un chat enragé, jeta un regard désabusé à ses ongles ensanglantés, et observa les alentours avec fébrilité. Une tente. Et la silhouette endormie de Kanda, non loin. Oui, il se rappelait maintenant, la mission qu’on leur avait donné, les envoyant quelque part dans la campagne pour détruire un nid d’akumas qui se cachait sous l’apparence d’un petit village de paysans. Essuyant d’un geste brusque les larmes qui avaient commencé à inonder son visage. Et, sans bien savoir ce qu’il faisait, sans bien réfléchir aux conséquences, il laissa sa main effleurer le visage de Kanda, soulagé de sentir la chaleur de ses joues, et de sentir contre sa paume son souffle lent. Alors, Lust se laissa retomber sur le sol glacé, ses yeux verts humides ne quittant par le visage de son compagnon. C’était stupide, mais Kanda était pour lui le seul visage stable là où tous les autres ne faisaient que se fondre et se confondre. S’il était désagréable et glacial, il était aussi fort et courageux, et était devenu bien malgré lui l’unique repère qu’avait Lust dans sa nouvelle vie. Il y avait Lust, l’adolescent perdu et effrayé, et Kanda le jeune homme fort et impassible. Sachant que le sommeil de Kanda était léger, Lust replia rapidement ses jambes contre lui, et cacha son regard noyé derrière ses mains. Qu'on ne le voie pas. Qu'on ne lui hurle pas après, pas maintenant.

« Je suis désolé » murmura-t-il alors tout bas, sans bien savoir si quelqu’un l’entendrait.
Et il était presque paralysé, tant de soulagement que de détresse. Il n’en pouvait plus de ces cauchemars qui le hantaient. Et il ne voulait pas craindre pour la vie d’un exorciste bien plus fort que lui. Un léger frisson l’agita. Il faisait noir. Tout autour de lui. En lui. Et il ne savait plus comment retourner vers la lumière. Mais Kanda était vivant, alors il survivrait.
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MessageSujet: Re: It's a cold cold night. < KANDA > Lun 21 Juin - 10:57

    Il y avait de l’eau tout autour de lui. Était-ce vraiment de l’eau ? Il ne le savait pas. C’était frais sur la peau, presque froid. Sa bougeait sans cesse, enveloppant son corps le plus étroitement possible, d’une façon fluide et légère. Ses cheveux étaient libres de toute contrainte gravitationnelle, flottant autour de son visage. Pour la première fois depuis ce qui lui parut une éternité, ses yeux s’éveillèrent derrière l’écran sombre de ses paupières. Ses lèvres frémirent et sa bouche se remplit du liquide qui l’entourait. Lentement, il chercha la surface de son dôme aqueux. Ses mains rentrèrent en contact avec une matière encore plus froide que celle où il se trouvait actuellement. Mais malgré la sensation glacée qu’elle lui provoquait, il lui était étonnement urgent de s’extirper de l’eau. Était-ce vraiment de l’eau ? Il ne le savait toujours pas. Instinctivement, il poussa sa tête vers cette matière glacée et encore plus légère, qui emplit sa bouche et cette fois rencontra ses poumons sans dégâts. Ses mains trouvèrent quelque chose de solide auquel s’agripper, et il y resta accroché comme s’il s’agissait d’une bouée. Ce qui était presque le cas, car il était difficile de ne pas sombrer à nouveau dans ce liquide étrange auquel il s’était si bien habitué. Les profondeurs l’attiraient pour la première fois, comme si son éveil n’avait jamais du se dérouler et qu’elles le réclamaient à nouveau. Mais ses paupières s’entrouvraient enfin. Il put voir les doigts avec lesquels il se retenait fermement à la terre ferme. Puis doucement il leva les yeux. Il n’était pas seul. En apercevant son compagnon, un hoquet agita sa gorge et il cracha le reste d’eau qui se trouvait encore dans son gosier brûlant. Ses yeux s’écarquillèrent. Il lâcha prise et doucement, il retrouva les profondeurs qui le réclamaient, envieuses de le garder pour elles. Il retrouva le néant. Il retrouva le sommeil, le visage à jamais imprimé dans ses nouveaux rêves.

    Quelque chose d’humide frôla sa peau en une caresse. Le visage l’avait-il donc rejoint dans les profondeurs, s’apaisant à jamais avec lui, pour une douce et innocente éternité ? Il sourit à cette simple pensée, alors qu’un moment auparavant, la vision de ce visage l’avait révulsé. S’il se taisait à jamais dans ce dôme, s’il cédait à cette persistante ankylose, le livre qu’était sa vie ne se tâcherait pas d’encre. Rien ne se tisserait, en fils d’or et de sang, entre lui et ce visage. Aucune habitude ne s’entamerait entre lui et l’air glacé.

    Le compte à rebours ne se serait pas déclenché.

    Aussi soudaine en son départ qu’en son arrivé, la caresse se volatilisa, lui laissant un tracé humide et pourtant chaleureux sur le visage. Humide, car ce qui l’entourait était sec et froid. Il n’était plus dans son dôme aqueux. Son ankylose éternelle, ou du moins son faux semblant d’un soir, s’était rompue. Son mutisme n’existait plus, sa gorge brûlait à nouveau, mais d’un feu apaisé. Ses lèvres frémirent alors qu’il inspirait profondément, réalisant qu’il ne faisait que dormir, et qu’il vivait sa vie de tous les jours. Il s’éveilla à moitié, sachant pertinemment que la nuit était toujours omniprésente, et qu’il ne lui servait à rien d’ouvrir les yeux. Il préféra écouter les bruits discrets et insignifiants qui l’entouraient. Le bruit du vent dans les couronnes verdoyantes des arbres et contre le tissu de sa tente, le chuchotement d’un insecte mélodieux, le battement d’aile puissant d’une chouette qui chassait une quelconque chauve-souris, mais aussi une respiration irrégulière.

    Alors qu’il inspectait ces sons infimes, un murmure retentit dans la nuit, près de lui. Ses paupières s’entrouvrirent, lui dévoilant le toit sombre de sa chambre éphémère. Doucement, il tourna la tête, et ses yeux d’onyx frôlèrent une silhouette recroquevillée. Il inspira calmement, reconnaissant le corps et la chevelure de Lust Heartnet. Proche. Trop proche de lui. Loin. Trop loin de son propre sac de couchage. La caresse qu’il avait crut rêvé semblait désormais bien réelle, mais il n’avait aucune preuve. Un soupir résigné s’échappa d’entre des lèvres agacées, irritées d’être ainsi embêtées en pleine nuit. Il ne fit pas un geste, prolongeant ce qui n’était plus qu’un silence maintenant que les mots étranges de Lust s’étaient élevés et tues.

    Envers qui s’excusait-il ?

    « Tu ne serviras à rien si tu passes ton temps à t’excuser. »

    Sa voix était rauque, encore endormie malgré lui. Ses yeux étaient froids, et fixaient les fines mains de son coéquipier, puisqu’elles cachaient son visage. Il ne voulait pas savoir envers qui le murmure était destiné, à vrai dire. Que ce soit un rêve, une hallucination, la réalité, il ne voulait même pas chercher à comprendre. Ça semblait simplement bête. Et il s’avérait être d’humeur exécrable parfois, le matin… Quand ce n’était pas le soir ou l’après-midi.

    « De plus je ne vois vraiment pas ce qui nécessite tes pitoyables excuses ici. »

    Sur ce, il prit entre ses doigts le bord de sa couverture et la rapprocha de lui, se préparant à tourner le dos au gamin pour dormir tranquille. Mais ses yeux, qui quittaient donc les mains du manieur de carte, remarquèrent les traces sanguinolentes qui décoraient ses bras, à peine visibles dans la faible lumière argentée que laissait entrer le tissu de leur tente. Se soulevant sur un coude, il s’approcha de la forme recroquevillée et saisit un de ses poignets, révélant ainsi un visage humide, et lui permettant d’inspecter les griffures qui longeaient ses membres. Un nouveau soupir, plus audible cette fois, s’échappa d’entre ses lèvres.

    « Qu’est-ce que ça signifie ? »

    Il chercha les yeux verts de son soit disant camarade de mission. C’était plus une exploration qu’une mission, vraiment, mais il se demandait encore pour qu’elles raisons exactement il avait finit seul avec lui et non quelqu’un d’autre, comme il aurait souhaité.
    Son pouce frôla la peau abîmée de l’exorciste, se demandant qu’est-ce qui avait bien put provoquer une telle chose ? Il ne voyait pas vraiment ce qui pouvait en être la cause. Seuls les ongles rougeâtres du gamin étaient suspect, mais ils n’expliquaient rien. Il ne lâcha pas prise, attendant patiemment les paroles de la victime au bourreau anonyme. Rapidement, il observa un tas qui se trouvait à un pas de son lit, qui consistait de ses affaires et de son innocence, posée fièrement en haut de la pile. Juste sous sa lame, l’emblème de la Congrégation de l’Ombre cousu sur sa tunique était visible. Parmi ses affaires, il n’était pas sûr d’avoir ce qu’il fallait pour soigner les blessures. Enfin, après tout, c’était au malheureux de s’occuper de son triste sort.
    Après cette rapide vérification, il tourna à nouveau la tête, ses cheveux, attachés en une queue de cheval basse cette fois, lui chatouillant le cou.
    Mais qu’était venu donc troubler le regard fascinant de cet être qui se tenait non loin de lui ?


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MessageSujet: Re: It's a cold cold night. < KANDA > Lun 28 Juin - 9:04

  • We're not gonna be just a part of the game
    We're not gonna be just the victims
    They're taking our dreams and they tear them apart

    To everyone's the same
    I've got no place to go
    I've got nowhere to run.

    They want to watch me fall
    They think they know it all
    I'm a nightmare, a disaster

    That's what they'd always say
    I'm a lost cause, not a hero
    But I'll make it on my own
    I've gotta prove them wrong
    Me against the world
    Its me against the world
    We won't let them change how we feel in our hearts
    We're not gonna let them control us
    We won't let them shove all the thoughts in our heads
    And we'll never be like them


    Lust leva un regard perdu vers Kanda. Les mots avaient été durs une fois de plus, mais il n’était pas du genre à s’en préoccuper…
    En réalité, si. C’était tout à fait son genre, et s’il n’avait été pas en train de vaciller entre cauchemar et simple sommeil, sans doute aurait-il répliqué vertement. Mais pour l’instant il n’était qu’un gamin étourdi par des souvenirs sanglants, qui se réveillait d’un mauvais rêve pour en rejoindre un autre ; celui d’une chasse à l’akuma. Quelqu’un venait d’allumer une vague lumière, retirant le bras qui cachait ses yeux un peu humides. Et ce quelqu’un bien entendu était Kanda.

    Impossible à cerner. Des paroles humiliantes, qui faisaient mal parfois. D’autres plus énigmatiques. Et de frêles marques d’attention pour rattraper un peu le tout. Si Lust n’était pas un chasseur d’affection, sans doute n’aurait-il jamais persévéré ainsi dans sa voie, sans doute aurait-il cessé de suivre Kanda partout. Sans doute ? Non, il n’était pas honnête. Même sans être aimé de lui, il ne pouvait s’empêcher d’admirer le grincheux et de se sentir un peu rassuré en sa compagnie. Aussi il ne le quitterait pas, il continuerait avec acharnement de tenter de grappiller quelques miettes d’amitié. Car c’était bien ce qu’il recherchait, non ? Se faire enfin un ami dans la personne de Kanda, pouvoir affirmer qu’il le connaissait et qu’il avait son entière confiance. Oui, il lui semblait bien que c’était ce qu’il désirait. En vérité, peu lui importait ce qu’il devait payer, tant qu’on l’autorisait à rester auprès de Kanda.
    Puis un pouce déclencha une légère douleur, et son regard se fit plus aiguisé. Ah oui, il s’était… massacré le bras dans une tentative pour reprendre pieds avec la réalité. Tentative qui avait d’ailleurs conduit à un résultat peu concluant. Lust se dégagea d’un mouvement brusque, ses yeux se faisant plus durs. Il n’aimait pas sa propre faiblesse, et parfois il tentait même de la dissimuler à son ainé. Ce qui s’avérait inutile ; Kanda l’avait vu dès le début comme un garçon apeuré, ce qu’il était en quelque sorte, même s’il pouvait s’avérer courageux lorsqu’il le désirait. Le véritable courage était bien d’agir même lorsque l’on est terrifié, n’est ce pas ?

    Mais passons. Il avait un petit problème en attendant, trouver une excuse passable aux griffures qui ornait son avant-bras. Hmmm. Bien, tout d’abord, faire semblant d’être en pleine possession de ses moyens. Lust se redressa, s’asseyant en tailleur, et tourna un regard hésitant vers Kanda.

    « Ce n’est rien. J’ai du me griffer involontairement en dormant. »

    Ah. Oui. Ce n’était vraiment pas très convaincant. Mais ce n’est pas grave, il avait fait ce qu’il pouvait. Il lui restait donc plusieurs solutions. Soit il tentait de se montrer assez menaçant ou agaçant – oui, plutôt, il doutait qu’une menace de sa part n’effraie Kanda- pour décourager le kendoka, soit il… Avait-il réellement une autre solution ? Tout compte fait il en doutait. Son cœur paraissait s’affoler, conscient qu’il venait de déranger la bête démoniaque en plein milieu de sa nuit, conscient que demain ils devraient peut-être se battre, et si Kanda se battait fatigué il allait peut-être mourir, et, et…

    Et il devait absolument se calmer. Ce n’avait été qu’un cauchemar stupide. Kanda n’était pas assez humain pour mourir. La dernière personne à laquelle il tenait un peu sur terre ne pouvait pas s’en aller de toute façon. On ne pouvait pas l’abandonner impunément. Il était la beauté discrète qui séduit les regards et les capture, l’innocence feinte qui attendrit les cœurs pour mieux les emprisonner. Pareille à ces petites créatures colorées semblables à des bijoux, qui, une fois effleurées, empoisonnent de leurs essences l’effronté qui a voulu les retenir. Alors, même si Kanda était particulièrement réticent à se faire piéger, il succomberait à son tour.
    Il était temps que le joueur de cartes ouvre les yeux. Il le ferait, un jour, quand cela l’agacerait moins d’observer en face une vérité trop facétieuse. Trop ridicule.
    Lust prit une profonde inspiration, ses épaules fines tressautant sous l’effort qu’il faisait pour rester stoïque. Referme ta main titanesque sur son visage fragile. Et observe comme il se fendille sous le poids de ton regard.

    « Je… »

    Non. Mauvais. Il s’apprêtait encore à s’excuser, à croire qu’il ne savait que faire cela. S’excuser pour avoir dérangé son sommeil, pour l’avoir agacé, pour ne pas pouvoir le laisser seul, pour l’apprécier un peu trop. S’excuser pour être si dépendant et fasciné de cette aura dure et indépendante. Kanda n’avait pas besoin de sa présence encombrante.

    Vraiment ?

    « Dis moi Kanda… Pourquoi ton cœur se cache-t-il si bien ? Que craint-il ? »

    Sa voix s’étouffa, et il recula brusquement. Les mots étaient plus rapides que ses pensées. Oui, Kanda pourrait avoir besoin de lui pour lui prouver qu’il avait toujours un cœur. Pour lui montrer qu’il avait le droit de se laisser aller parfois, d’oublier que le monde au dehors voulait faire de lui l’outil d’une œuvre macabre. Lui, Lust, aurait besoin de sa force pour tenir debout. Kanda pourrait au contraire apprendre à ployer, et ses paupières pourraient un jour se refermer lentement pour lui offrir quelques rêves paisibles, et non pas des songes troublants.
    Seulement, Lust était insolent. Sa langue était franche et directe, et là où le gamin ne savait que faire, elle, elle savait que dire, et elle comptait bien prononcer les mots qui briseraient le silence. Et la paix de cette nuit. Bien entendu, il était trop tôt pour que Kanda lui laisse libre accès au donjon qui protégeait son cœur. Ses paroles ne feraient que provoquer sa colère. Mais curieusement, il était certain que cela ne pouvait qu’être mieux que son mépris, et sur ces pensées sa main se referma avec confusion sur son avant-bras blessé.

    « Il n’a pas à me craindre moi. »

    Et voilà, c’en était fait de lui. Frêle gamin dérangeant, apprendras-tu seulement un jour à te taire ?
    Certainement. Il avait en tout cas déjà appris à ne plus s'excuser pour ses paroles.
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MessageSujet: Re: It's a cold cold night. < KANDA > Mer 30 Juin - 10:37

    Listen up. You are not special. You are not a beautiful or unique snowflake. You’re the same decaying organic matter as everything else.

    Personne n’est obligé de tout accepter
    On peut sans rien renier vouloir avancer
    Qu’importe le passé qu’on porte derrière soit
    On ne peut pas croire que les portes ne s’ouvrent pas

    Personne n’a d’avance un avenir tracé
    Tout ce qu’on peut prédire se passe à côté
    On survit au pire pour encore être là
    On sait comment, il reste à savoir pourquoi

    Chacun d’entre nous à son rôle à jouer
    Une pierre à poser sur celles qu’on a jeté
    Même quand on est moins que rien ou presque ça
    Il reste bien quelqu’un qu’on n’attendait pas.


    Ce n’était pas vraiment une marque d’affection. Ces traces sur son bras étaient très suspectes, et il voulait savoir exactement d’où elles provenaient. Il voulait connaître l’agresseur aux griffes altérées, et être certain qu’il ne se cachait pas dehors dans la pénombre du ciel nocturne, observant de loin la tente, se plaisant à les blesser malgré les lois de la distance, profitant d’un pouvoir inexplicable. Il y avait d’innombrables choses qu’on ne pouvait expliquer, en étant exorciste. C’est pourquoi il ne faisait jamais assez attention.

    Il était facile de se perdre dans la normalité, et l’insignifiant.

    Il combattait depuis longtemps déjà. Sa vie avait été un éternel combat. Depuis le jour où il était né la main crispée, comme tout nouveau-né, jusqu’au jour où il mourrait la main ouverte, la lutte achevée. Il se doutait que ça en serait toujours ainsi. Parfois, il lui était même difficile de laisser approcher le moindre papillon. Leur univers était tellement sinueux que tout pouvait être une illusion, un faux-semblant. Il était bien placé pour le savoir. Il aurait voulu être mieux placé pour l’empêcher. Mais lui-même n’était qu’un créateur d’illusion, capable de tuer, blesser, briser, supplicier. Il était même très disposé à cette fonction, et prenait sa tâche au sérieux. Celle d’éradiquer les akuma de ce monde. De se débarrasser du clan Noé. De renverser la pièce de l’échiquier qui représentait le Comte Millénaire, cause première de tout ce qu’ils cherchaient à exorciser.

    Ses doigts se déplièrent facilement, laissant partir le bras blessé qui s’échappa brusquement. Ses yeux d’onyx fixèrent, dénudés d’expression, le visage du joueur de cartes, soutenant sans le moindre frémissement le regard hésitant du garçon. Des griffures involontaires ? Rien ? Hm, peu probable. Il devait certainement y avoir une raison derrière tout ça. Mais si ces griffures étaient ses propres œuvres sanguinolentes, de mauvais goûts, le problème était quasiment réglé. Il pouvait se rendormir. Ou du moins essayer. Or le gamin s’était redressé, et ne semblait pas du même avis que le ténébreux.

    Fin du silence.
    Non, il n’était pas du même avis. Hésitant, il continua à parler. Et ce que Kanda entendit était loin de tout ce qu’il avait imaginé. Les phrases qui lui lacérèrent les oreilles pour inonder sans aucune retenu son esprit, le laissant se noyer, étaient très lointaines de celles auxquelles il se serait attendu. Surtout cette nuit. Surtout de Lui. Alors il coulait. Il coulait sous chaque miette de leurs sens, comme si elles étaient des boulets d’acier attachés à ses chevilles. Il touchait les profondeurs, où se trouvaient les ombres de la moquerie, du rêve et de la sincérité, se disputant violemment son âme. Dans le creux de son sombre regard, été né un tumulte qui resterait néanmoins un secret pour son créateur.

    Le créateur qu’il maudit sur le coup. Mais qu’il ne réussit plus à définir après le choc.

    « F… ferme la. »

    Les mots étaient sortis tout seuls, faible réflexe, simple protestation qui indiquait son mécontentement. Semblant de feulement humain qui indiquait son profond désaccord. Cette fois il n’eut pas le confort de soigner sa voix qui sembla encore plus endormie et rauque qu’avant. Mais surtout beaucoup moins certaine, à son grand malheur. Il fixa un instant le gamin, les yeux indescriptibles, repassant en boucle les paroles qu’il avait prononcées.

    Pourquoi ? Était-ce ironique ? Ce gamin cherchait-il à l’embarrasser, le suivant dans ce simple but ? Ou peut-être était-il sincère, et cherchait-il quelque chose en particulier en se comportant ainsi avec lui ? Quel comportement… il fallait oser tout de même. Il ne pouvait plus dire que Lust était lâche. Car il venait de dire ces mots touchants à quelqu’un qui ne pourrait jamais les dire.

    Il se redressa, retirant lentement la couverture qui le recouvrait. Il porta une main sur ses tempes, quittant le joueur de cartes des yeux. Puis il se leva, oubliant presque le toit qui veillait non loin au-dessus de lui et se penchant de justesse pour l’éviter. Il agrippa Mugen, gardant l’arme avec lui par habitude et l’emportant avec lui dans sa fluide extirpation de la tente. Il délaissa Lust. Il délaissa ses mots auxquels ils ne voulaient même pas répondre. Ces mots sans aucuns sens.
    La vérité est feu, et feu signifie brûler et éclairer.
    Se redressant cette fois dignement, il leva la tête vers les étoiles qui brillaient sereinement dans le ciel. Nulle lumière artificielle ne venait troubler l’image directe que leur envoyait l’au-delà, dans un attentat de leur faire comprendre à quel point il était petit et insignifiant. Les astres les plus éloignés leur envoyaient leur lumière en ce lieu reculé, comme des lointains phares qui chercheraient à guider un navire égaré.

    Quelle tempête faisait claquer les vagues, quel vent herculéen soulevait la houle sur la plage de rocailles ? Triste plage que le sel semblait pourtant vouloir sublimer.

    Il glissa sa main sur son visage, fermant un instant les yeux, inspirant profondément. Quel cœur se cachait ? Quel cœur ne craignait ? Son cœur … ? Non. Il savait mieux que ça. Il savait essuyer la vérité sur ces mots, et les submerger de leur mensonge. Derrière ses paupières closes, il eut l’impression de flotter à nouveau dans de l’eau. Était-ce de l’eau ? Il ne savait toujours pas. Ce qu’il savait, c’est que le visage qui lui faisait face, le scrutant à présent tel que l’on avait jusqu’alors jamais fait, prenait des traits plus distincts, se transformant en quelque chose de presque familier… Un éclat vert.
    Ses yeux s’ouvrirent.
    Il se retourna suffisamment pour observer la tente. Il s’approcha près d’un nid où des braises sommeillaient au bord de l’extinction. Mais le ténébreux garçon s’accroupie et les éveilla en les secouant à l’aide d’un bâton. Elles prirent une teinte rougeâtre, et il leur laissa le morceau de bois pour qu’elles le consument, observant du coin d’un œil discret la tente et son entrée.


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MessageSujet: Re: It's a cold cold night. < KANDA > Lun 19 Juil - 23:50

  • Sa main retomba, inutile et solitaire. La voix qui avait fait écho à ses mots pourtant si sincères était éteinte depuis quelques minutes. Kanda s’était évadé de leur espace clos, préférant fuir face à quelques paroles prononcées avec toute l’innocence d’un enfant. Et maintenant il restait là, seul, dans l’étrange pénombre de leur abri provisoire. C’était donc ce qui arrivait quand on ouvrait son cœur ? C’était bien la première fois qu’il avait offert des sentiments sincères à quelqu’un, lui tellement habitué à recevoir sans ouvrir la bouche en retour. Certes il y avait eu ses parents, sa sœur. Mais jamais il n’avait eu à tambouriner avec ardeur à la porte d’un cœur caché derrière des barrières qu’il en venait à croire infranchissable.

    Un soupir las s’échappa de ses lèvres fines, et le gamin passa une main sur ses tempes. Il était épuisé et titubait encore aux frontières du sommeil. Il était douloureux pour lui de s’éveiller d’un cauchemar pour plonger dans un autre. Lust avait tenté d’atteindre Kanda. Sans doute avait-il réussi, mais à quoi bon ? Il était fatigué de tout cela, c’était certain. Ses yeux vinrent errer sur son bras pâle, taché de griffures qui semblaient dues à la patte frêle d’un chaton. Et c’était pour cela que Kanda s’était énervé, s’était méfié ? Il avait cru pouvoir cerner son ainé mais à vrai dire il restait bien ignorant. L’adolescent qui lui servait de camarade avait les habitudes d’un vieux vétéran qui aurait survécu à bien des massacres. Et peut-être était-ce le cas. Mais lui, Lust, débarquait dans sa vie d’homme rompu au combat, avec son innocence et sa naïveté, lui offrant ses sourires et ses larmes sans qu’on ne lui ait rien demandé. Pourquoi faisait-il cela ? Tout allait bien au delà de son besoin d’amour incessant. Il n’avait cherché encore l’affection de personne d’autre depuis son arrivée datant pourtant de quelques mois, à la congrégation de l’ombre. Il voulait réellement que Kanda ouvre les verrous rouillés qui barraient le chemin de son cœur. Lust ne voulait plus que tous l’aiment sans qu’il n’ait rien à rendre en retour. Ce qu’il souhaitait, c’était conquérir, parcelles par parcelles, l’amitié de l’exorciste le plus renfermé de la congrégation, pour pouvoir lui rendre au centuple. Car il admirait Kanda, et plus que cela, il voulait rester auprès de lui, tout le temps. Même si le jeune homme ne voulait pas apaiser ses cauchemars, il était le seul à pouvoir le faire par sa simple présence. La force imperturbable qui émanait de lui suffisait à apaiser Lust lorsque son corps se faisait tremblant, passablement effrayé par les ténèbres qui l’entouraient désormais. Mais il n’avait rien à lui rendre. Il l’encombrait, c’était évident. Au final, quel avantage y aurait-il pour Kanda à laisser parler son cœur ? Quelques souffrances de plus, quelques faiblesses qui viendraient s’implanter en lui. Il ne vivait que pour le combat. Et sans doute avait-il raison. Lui, Lust, ne savait pas encore pourquoi il était ici. On avait donné une arme surpuissante à un enfant qui ne voulait pas s’en servir. Oh, oui, il voulait rendre le bonheur à ce monde qui, malgré toutes ses horreurs, le méritait. Mais à vrai dire, il ne s’en croyait pas capable. Certes il s’entrainait souvent seul, décidé à devenir fort. Mais était-ce pour servir, ou simplement pour montrer à Kanda qu’il n’était pas aussi faible que ce que le Kendoka pensait ? Lentement, Lust déplia ses membres ankylosés. Il frissonnait, glacé par l’absence de celui qu’il pourchassait depuis son arrivée en tant qu’exorciste. Depuis le début, personne n’avait eu le droit d’exister pour lui hormis Kanda. Comme à son habitude, il pourchassait longuement un seul cœur pour ensuite le délaisser. Seulement il s’était pris à son propre piège, il aurait beau le nier. Et c’était sans doute ce qui lui permettrait de gagner l’affection de celui qu’il admirait tant. Car il ne tentait plus seulement de jouer avec Kanda, il voulait également en quelques sortes lui tirer un sourire. Le rendre heureux.

    Seulement, était-il près à le sortir quelque peu du chemin qu’il s’était choisi, pour cela ? Au fil du temps il avait commencé à comprendre que Kanda n’était lui-même qu’au champ de bataille. Et lui, égoïstement, souhaitait le rendre… normal ? Humain ? Se mordant les lèvres, Lust acheva pourtant de se lever, prêt à sortir de la tente. S’attacher était certes une faiblesse, mais cela pouvait être une force. S’il atteignait son but, il ferait tout pour que Kanda n’ait jamais à regretter d’avoir cédé. Le gamin enfila rapidement un pantalon avant de se faufiler hors de la tente. Un tremblement agita son corps. Malgré la nuit estivale il parvenait à se sentir glacé. Le jeune exorciste ne portait qu’un t-shirt blanc par dessus son pantalon, et il se frotta rapidement les avant-bras dans une tentative dérisoire de conserver un peu de chaleur. Kanda était là, agenouillé près du feu, son arme à la main. Et Lust s’en sentit légèrement peiné. Oh, bien sûr, il avait on ne peut plus raison. S’il y avait quelqu’un d’irraisonnable ici, c’était lui, l’exorciste peu expérimenté qui sortait dans un terrain inconnu en laissant son innocence dans la tente. Mais de voir ici qu’un jeune homme n’ayant même pas atteint la vingtaine pouvait déjà avoir des réflexes de guerrier aguerrir faisait douter Lust : cette guerre aurait-elle un jour une fin ? Et lui, que deviendrait-il ? Serait-il là pour fêter une victoire peu probable ? Ou vieillirait-il lentement à la congrégation de l’ombre, mourant de vieillesse avant d’avoir connu la fin du monde, ou au contraire, sa rédemption ? Un instant il tenta de s’imaginer dans quelques années. Lui aussi aurait lentement fermé son cœur, abandonnant l’idée de « sauver » Kanda pour au contraire suivre son exemple. Il serait devenu impossible de l’atteindre. Son visage, à l’expression un peu perdue mais tellement innocente, serait devenu dur et froid. Il aurait le sommeil léger et ferait constamment jouer entre ses doigts son jeu de cartes, toisant d’un regard méprisant les nouveaux exorcistes naïfs qui se presseraient au bureau de Komui pour quémander avec fierté leur première mission. Hm. Il doutait d’avoir le temps de devenir ainsi. Probablement mourrait-il simplement dans une pénultième mission. Et il ne serait rien d’autre qu’un petit cercueil blanc au milieu d’une centaine d’autres. Lust leva rapidement la main pour se saisir la nuque dans un geste agacé. Il fallait qu’il cesse de ruminer de sombres pensées. Ses parents étaient morts, sa sœur aussi. Ils n’avaient pas pu lutter, mais lui désormais en avait le pouvoir. Et il se battrait jusqu’à son dernier souffle de vie. Cependant, il ferait de la congrégation sa nouvelle famille, sa nouvelle maison. Et lorsqu’il aurait définitivement laissé tomber l’idée de faire sourire Kanda, peut-être se déciderait-il avec regret à tisser des liens avec ses autres camarades. Tous moins éclatants, moins fascinants que Yû Kanda. Pour l’instant, il montrerait au jeune homme qu’avoir des sentiments n’était pas toujours une faiblesse, une erreur.

    Un pas vers Kanda. Jamais il ne le gênerait durant une mission, jamais. Il ne lui hurlerait pas de le sauver. Il ne demanderait jamais cela. Mais il voulait le comprendre, simplement. Le soutenir, parfois. Lui offrir de s’effondrer, une fois. Et pour cela, il ouvrit une fois de plus la bouche :

    « Ainsi donc notre preux exorciste a plus peur de l’amour que de la mort. Voilà qui est intéressant. »

    Sa voix avait été vaguement moqueuse. Il savait que cela faisait souvent réagir Kanda, bien plus que des mots trop honnêtes qui, simplement, le gênerait et le ferait reculer. Il n’aurait pas du s’emporter tout à l’heure. Mais il avait entamé un sujet, il comptait bien le parcourir jusqu’à ce que son ainé crie grâce.

    « Je t’ai déjà dit, je n’ai jamais appris à me taire. Et ce n’est pas toi qui m’y forceras. Je veux être là, tout simplement. »

    Il aurait pu dire qu’il voulait être là pour lui, mais cela aurait été plus dur encore. Et il était persuadé que Kanda comprendrait facilement le véritable sens de ses mots. Peu lui importait, il se ferait chasser une fois de plus, mais il n’abandonnerait pas. Kanda était un adolescent lui aussi, il n’était pas une simple arme. En lui, il y avait un être humain qui souffrait, découvrait. Et Lust comptait bien le découvrir.
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MessageSujet: Re: It's a cold cold night. < KANDA > Mar 27 Juil - 6:50

    In just a minute, there's something here that was not here before
    I'm clear-headed but confused
    Because I thought that it would help me choose between
    What I want and what I should
    But I always end up playing the game
    I don't want that feeling inside of me
    To get stuck without a voice
    Cause then I have no choice
    And I wonder is he the answer
    To the feeling that's trapped inside of me
    Can I touch him, why should I bother
    When all is said and done
    Is he the one to answer my question
    And so I'm forced to ponder, the waiting's getting longer
    The feeling eats at me, intensity increases until I
    Am bound to what they say
    I will not go this way.


    --- Magnétisme du regard, de la chaleur et de la beauté, qui attire les âmes dans ses bras en chaînes. Au plaisir de se ligoter, de glisser la clef dans le mystérieux verrou pour y rester à jamais. D’être digne d’être indigne. Des êtres aux âmes que le trouble frôlait. Ses yeux n’avaient pas quitté une seule fois les lueurs palpitantes qui crachaient des étincelles, mourantes dans l’air nocturne. Dans ses yeux sombres et intenses, la lumière rougeoyante du feu s’animait fébrilement. Il était captivé par ce jeu de flamme, qui, par ses mouvements inlassables, source de vie constamment fiévreuse, libérait son imagination un peu trop timide. Dans sa solitaire contemplation, il visualisait parmi les braises brûlantes de ce nid enflammé le visage de celui qui l’avait chamboulé. Là où la chaleur de son amusement le réchauffait, sa peau picotait. C’était une source de chaleur et de lumière dans cette nuit fraîche et sombre. Une petite recrudescence dans la tiédeur de son âme. Ses prunelles indiquèrent une sorte d’insuffisance. Un soupçon d’envie. Puis il se fit ravageur. Furieux, car il n’avait rien a rajouter à ces mots évasifs, dénudés de sens propres, que Lust Heartnet lui avait imposés, avec une cruauté qui, autre part, ne se serait pas manifesté. Il resta seul et silencieux, et bien qu’il était beau dans son mutisme, il aurait voulu revenir en arrière et donner une réponse plus digne de ce nom. De retourner au combat. Seulement, il ne possédait plus d’arme. Une seule personne, en un regard, en quelques mots, la lui avait arraché.

    Comment vivrait-il sans son arme en plein combat ? Ce n’était pas pour une méfiance outrageusement démesurée qu’il ne restait jamais sans son innocence, c’était par instinct de sécurité. Lui qui niait toute aide, qui ignorait les voix qui se voulaient bienveillantes, qui refusait de prendre une main qui se voulait utile, lui ne niait pas cette arme qui, une fois entrée en sa possession, avait fait un avec lui. Elle avait était fabriquée pour lui, et lui avait été remise, comme si on rajoutait des griffes à un fauve sauvage, comme si on transformait le duvet d’un oisillon en plumage, lui permettant de voler, et de résister. Elle était son unique fierté en temps qu’exorciste. Comment expliquer ce qu’il serait sans elle ? Un de ces soldats qui, dans les guerres qu’on pourrait dire ‘humaines’, perdent un membre et se voit rapatrié ? Puisqu’il n’avait nul part d’autre où aller, le garderait-on à jamais en temps qu’occupant inutile dans la Congrégation ? Laisserait-on son esprit choir où il ne pouvait simplement pas être ? Ou peut-être qu’une autre vie s’offrirait à lui ? Il ne parvenait pas à y croire. Au fond, il savait que ce futur était encore trop loin pour qu’il y songe, et que cette distance resterait intacte jusqu’au jour où il tomberait trop brusquement. Alors tout serait rapide. Trop rapide. Il avait toujours vu sa vie de la même façon. Il avait toujours appréhendé le danger qui attendait sur le seuil de la raison, et le doute de réussir. Il avait toujours était un peu plus téméraire et exigent envers lui-même, plus que les autres exorcistes dans leur longue et sanglante quête. Pourquoi ? Parce qu’il pouvait mourir, encore et encore, et pourtant rester en vie. Il s’était déjà tué pour réussir. Et il savait parfaitement qu’il lui faudrait encore le faire pour résister aux forces qui les assaillaient, physiquement autant que mentalement. Il croyait avoir parfaitement saisit le sens de son existence, tout en ne reconnaissant que sa surface. Il avait crut se mouler à sa routine, en saisir les détails. Mais voilà qu’Il apparaissait, et qu’Il rompait en un instant toutes ses convictions, toutes ces vérités qu’il avait crut avoir déterrées, mais qui à présent, pouvaient bien n’être que des fantômes. Peut-être des mensonges. Lui qui ne pouvait mourir comme un fauve, comme un oisillon, comme un homme, frémissait pourtant au son de la voix de son soit disant camarade. Lust Heartnet. Qui était-il, réellement ? Il avait toujours était un humain, un gamin. Sa vie avait été chamboulée comme tant d’autres. La mort s’était approprié son bonheur, le lui arrachant sans scrupule et sans tendresse. Puis un objet qu’on disait divin s’était illuminé dans ses mains, lui éclairant un chemin jusqu’alors inaccessible. Un chemin qui ne promettait pas de lui rendre son bonheur évanouit. Mais peut-être d’assouvir son désir de vengeance, et celui ci calmer, faire éclore un nouveau bourgeon de bonheur, un bourgeon fragile sur un terrain piétiné par des esprits corrompus. Ce gamin n’était plus un homme, mais un exorciste. Les exorcistes ne devaient pas éprouver de compassion, ni de pitié. Ils devaient réaliser que le monde ne leur en offrait pas. Que le monde n’avait pas finit de les surprendre. Et que pour eux, ces surprises ne seraient pas joyeuse. Comment se réjouir lorsqu’un camarade échappe à la mort, alors qu’il retournera auprès d’elle peu de temps après, risquant encore sa vie ? N’était-il pas idiot de s’attacher ainsi à quelqu’un de mourrant ? L’adolescent relâcha doucement son arme, la délaissant dans l’herbe. Il écarta les doigts qui s’étaient étroitement enlacés à son pommeau, et leva ses mains devant lui, les réchauffant auprès du feu.

    À ses yeux, l’attachement était inutile. Il n’y voyait pas la force, mais l’agitation perpétuelle, la peur de se perdre, et le chagrin une fois la peur réalisée. Et en temps qu’exorciste, il avait vu plus que ça. Et en temps qu’apôtre de deuxième génération, il en avait vu encore d’avantage. De nombreuses fois les hurlements s’étaient répétés dans ses oreilles. Souvent les échos des pleurs avaient bercé son éveil… C’est facile à dire, n’est-ce pas ? Il est si simple d’avoir un passé misérable, d’avoir la mort comme amante, d’avoir de quoi se faire plaindre dans ce monde qu’il décrivait avec tant de pessimisme. Or, il ne voulait pas se faire plaindre. Il tuerait le premier qui lui montrerait la moindre once de pitié. Il avait sut apprendre aux autres qu’il n’en avait pas besoin. Il avait sut se montrer dur, se dissimuler derrière une image terrifiante. Et s’il n’avait pas réussit à oublier, il avait réussit à vivre. Si ses désirs de sombrer à nouveau dans ces eaux, et de caresser le visage - qui représentait son passé - qui l’y avait rejoint étaient toujours intactes, il avait apprit à les refouler dans l’espace le plus reculé de son esprit, de les faire taire et de s’aveugler sur leur passage. La mort n’avait jamais été une solution. Il devait vivre, vivre et se battre, et peut-être aimer comme un adolescent le ferait. Savait-il seulement comment ? Il ne voyait pas d’amour dans les paroles de Lust Heartnet. Il ne voyait que chamboulement et manipulation. Ce n’était que la deuxième fois qu’on tentait ainsi de l’approcher, et la première expérience, aussi sincère avait-elle été, s’était aussi montrée douloureuse. Depuis ce premier attentat, tout ce qui s’était prouvé amour n’avait été qu’éphémère et insignifiant. On l’avait déjà aimé, mais sans le lui dire, et en oubliant ce sentiment le lendemain. Mais il s’agissait à présent d’un nouvel attentat. De quelque chose de plus profond, et dont il ne voyait pas la chausse. Et s’il ressentait l’appréhension d’être jugé comme un simple pantin, avec lequel le jeune garçon testerait ses capacités de manipulation, brisant ses résistances dans le simple but de dompter l’indomptable, il ressentait aussi autre chose, un besoin, suivit de cette éternelle frustration. Alors repousserait-il d’emblée cette appréhension pour y mettre fin, et pour tuer sans plus attendre ce doute persistant, ce mensonge et cette vérité, qui se liaient étroitement ? Ou attendrait-il encore un peu que la vérité se distingue, dans le risque d’échouer face au mensonge ?

    “ The apostle’s power isn’t to protect people. Their destiny is to destroy things that cannot be destroyed by other. Protecting the lives around you cannot save the world. ”

    Yû Kanda était le genre de personne prête à faire les sacrifices nécessaires. Mais ô combien nécessaires. Autrement, il ne feignait pas l’indifférence, mais dépendant de la personne concernée, n’en abusait pas non plus. Si son but n’était pas de sauver les vies qui l’entouraient, il ne permettrait pas qu’elles soient abusivement détruites.

    Tout le monde n’était pas comme lui. Tout le monde à la Congrégation de l’Ombre n’était pas comme lui. On ne devient pas froid parce que l’on combat. Il suffirait de contempler quelconque autre exorciste pour voir que son cas était bien spécial. Depuis sa naissance, et sans exagération, Yû avait toujours été comme il était à présent. Oui, observe donc un instant les autres exorcistes dans leurs petites routines, et vois comme ils sont joyeux. Se battre pour la bonne cause ne fait pas d’un homme quelqu’un de froid et enfermé. Au contraire, s’il donne toutes ses forces, il ne peut qu’être satisfait de ses efforts. Alors, Kanda n’était-il pas satisfait de ce qu’il avait fait jusqu’à présent… ? Certaines choses demeurent incompréhensibles et mystérieuses. Et tant que demeureront ces mystères, la vie sera intéressante. Les hommes vivent pour découvrir ces mystères. Sans ces mystères il n’y a rien à faire. S’il n’y avait pas de mystères, la tour de la Congrégation ne grouillerait pas de scientifiques, de chercheurs, et de trouveurs. Ils ne savaient rien, ne savent rien, absolument rien. Tout le monde ment. Tout le monde dissimule ses vérités. C’est ainsi que le monde avance. Que l’amour et la haine se consument. Que l’amitié et l’appréhension persistent. Yû Kanda préférait mettre de côté ces sentiments, et mieux avancer sans leurs poids, car il n’y voyait que les inconvénients. Et n’avait-il pas raison ? Le tissu de la tente frissonna, et du coin des yeux, il vit Lust en sortir. Ainsi il n’avait pas finit de jouer. Ainsi il voulait achever ce jeu mesquin auquel il se plaisait. Kanda aurait aimé répliquer, avec toute la moquerie possible, mais son interlocuteur paraissait si sincère dans ces propos, qu’il était simplement impossible pour le bretteur d’être cynique. Bien que ça ne le dérangeait pas de passer pour le méchant, il ne devait pas non plus blesser ses coéquipiers, n’est-ce pas ? Il se souvenait parfaitement des quelques mots que lui avait chuchoté Reevers en lui présentant le jeune joueur de cartes. Même si le gamin jouait, il était déconseillé de le rabattre dans ses délires.

    La voix ensommeillée de Lust attaqua à nouveau, et un sourire faussement amusé étira les lèvres fines du japonais.

    « Tu as le choix de répandre ton amour sur terre et de trembler devant le danger. »

    Disons que c’est… chacun son truc, maugréa-t-il dans sa tête pour finir, sans pour autant croire en ce qu’il disait. Il posa les mains sur le sol, où ses doigts agrippèrent les fines brindilles qui s’y trouvaient. Il leva ses yeux sombres vers le visage de Lust, observant les détails de ses traits, l’expression étrange et compliquée dans ses yeux émeraude. Il voulait murmurer autre chose, dire qu’il n’en avait pas besoin, de cet amour dont Lust le croyait apeuré. Mais il ne souhaitait pas offrir à son coéquipier la chance de répondre à ça. Il saisit les quelques branches qu’ils avaient regroupés pour le feu, en jeta quelques unes dans les flammes, et en garda deux, les plus longues, entre les mains. Il se leva alors, jeta un regard à son innocence, bercée par la lumière du feu, et se tourna vers Lust.

    « Prouve le moi, » répondit-il simplement, en lui lançant un des bâtons.

    Il saisit le sien par une de ses extrémités, et prit une position basique de garde. Ses yeux étaient devenus farouches, moqueurs. Qu’il se batte. Qu’il comprenne. Il lui faudrait savoir se défendre à l’avenir, et il pouvait considérer ça comme une leçon, en plus de ce qu’il en sortirait comme idée. L’arme coutumière de Kanda était après tout un katana, et ça faisait de lui le meilleur mentor en escrime de la congrégation, non ? Enfin, le plus efficace, mais peut-être pas le plus recommandé non plus. S’il avait des connaissances, ça ne faisait pas de lui quelqu’un apte à les léguer. Mais restons dans le présent : Kanda était lui-même le disciple d’un maréchal.

    Il profita du défi visuel qu’il jetait à son interlocuteur pour le contempler encore un peu. Ce gamin deviendrait-il réellement un guerrier ? Lutterait-il contre ce que le monde lui enverrait comme misère, rencontrant le danger et la souffrance ? S’il n’était pas capable de se protéger contre lui-même, serait-il capable de protéger bien plus ? S’il n’était pas capable de détruire ses propres sentiments extravagants, serait-il capable de détruire ce que seuls les exorcistes pouvaient anéantir ? Ou aurait-il besoin d’un souffle pour ses ailes, d’une lueur dans ses ténèbres, d’un phare dans son tumultueux océan ? Aurait-il besoin d’une présence pour s’y perdre ?
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Lust Heartnet
La Frivolité Candide †

Take a look to these empty people, they're tired inside.

▐ Ton Age : 24 ▐ Rp : 46 pts =P
Féminin « Messages » : 762
« Two Perso » : Hikari Hakumei.
« Situation » : Yes Rp


Who Are You ?
Level Rise_: Rang D
Souvenir/Pouvoirs/Innocence_:


MessageSujet: Re: It's a cold cold night. < KANDA > Lun 6 Sep - 5:16

  • Your cruel deep eyes
    your blood, like ice
    One look, could kill
    My pain, your thrill...

    I wanna love you but I better not touch
    I wanna hold you, but my senses tell me to stop
    I wanna kiss you but I want it too much
    I wanna taste you but your lips are venomous poison
    You’re poison, running through my veins


    I wanna hurt you just to hear you screaming my name
    Don’t wanna touch you but you’re under my skin


    Lust se sentit rougir aux paroles du jeune homme. Sa main passa machinalement dans sa chevelure sombre en désordre. Kanda avait raison, bien sûr. Seulement, Lust n’avait jamais tenté de répandre son amour. Il s’était contenté de demander, avec un plaisir certain, qu’on l’ensevelisse sous les étreintes. Qu’on le noie dans un flot de tendresse.

    Mais jamais autrefois l’envie ne lui était venue d’en rendre. Il n’y avait que Kanda pour réveiller en lui un tel désir. Pourtant, le kendoka n’était sans doute pas la personne la plus avide d’affection, bien au contraire. Il n’en avait pas réellement besoin. Ou du moins, il n’en voulait pas. A quoi cela lui servirait-il, à part à se montrer moins fort qu’il ne l’était maintenant ? Oh, Lust avait un point de vue plutôt subjectif sur la question. Cela pourrait le rendre heureux. Lui intimer de prendre plus soin de lui, peut-être. Mais en effet, cela ne ferait pas de lui une meilleure arme. Simplement un meilleur humain. Refusant de s’énerver, Lust jeta un regard mauvais à Kanda, tentant de retrouver un petit peu d’aplomb.

    Oui, Kanda avait raison. Après tout, s’il ne répandait pas son amour, il tremblait bel et bien devant la mort. Il n’y avait personne pour attendre son retour avec espoir. Simplement il souhaitait vivre, égoïstement. Préférant ne pas mettre sa vie en danger pour pouvoir la continuer, aussi misérable soit-elle. Mais malgré cela, il ne fuyait pas. Il ne rejetterait pas son innocence alors qu’elle lui avait donné le pouvoir de changer les choses. Peu importe qu’il soit terrorisé lorsque les akumas se jetaient sur lui. Il continuerait de se démener pour survivre. Et pour aider d’autres à vivre, tout simplement. Cependant, dans un réflexe enfantin, il refusa de donner raison à son ainé. Les paroles avaient été blessantes, et il était vexé. Profondément vexé. Aussi, il releva la tête avec cette fierté exaspérante qui était la sienne, et répliqua, sans le moindre aplomb, sans la moindre foi en ses paroles :

    « Je ne tremble pas. »

    Puis, tentant d’insuffler un peu plus de conviction dans ses mots, il reprit :

    « Ou peu importe que je tremble, si je continue d’avancer face au danger malgré la peur. »

    Après, tout, c’était ce qu’il comptait faire n’est ce pas ? Même lorsqu’il était terrorisé, il s’efforçait de mettre un pied devant l’autre. Autrefois, il s’était effondré. Lorsque sa famille parfaite s’était brisée comme une simple sculpture de verre, il avait senti son cœur s’écrouler au creux de sa poitrine. La douleur l’avait brulé. Le jour de la mort de son père, suite à un accident ridicule. Puis, le jour où sa mère n’avait pu résister au Comte. Ou elle était devenu une simple pantin de chair. Détruisant sa fille tant aimée d’un simple geste. Avant que son fils, bien malgré lui, n’invoque les pouvoirs d’une innocence reposant dans la chambre en désordre. Avant qu’un jeu de carte ne déchire le corps de l’akuma. Ne réduise à néant son squelette noirâtre. Parfois, lorsqu’il dormait, il se rappelait des bruits. Des images. D’immondes craquements résonnaient dans ses oreilles ensommeillées, alors que dans son rêve, le pantin créé par le Comte entrait dans le corps fragile de sa mère, broyant ses os et ses entrailles. La tuant en quelques secondes qui avaient du durer une éternité pour la femme. Une douleur intense qui s’était ajoutée à celle terrible de la trahison. Pus il revoyait sa sœur dont l’image se déchirait en une seconde. Le sang avait giclé. Sur son visage. Sur les murs. Et il avait dit adieu à sa raison pour quelques temps. Il se rappelait avoir couru les rues, avant que la congrégation ne le retrouve et l’accueille. On l’avait laissé s’entrainer. Se remettre, plutôt. Il se rappelait également avoir croisé Kanda dès son arrivée. Il n’était alors qu’un gamin paumé qui se rappelait à peine ce qu’il avait été autrefois. Puis il avait croisé le regard glacial et insondable de Kanda. Et il s’était réveillé. Il avait voulu redevenir fort. Il avait appris à se dresser de nouveau contre le mépris qu’on pouvait lui témoigner, pour le rendre au centuple. Les moqueries avaient circulé de nouveau dans sa bouche. Et il était reparti en chasse.

    Son regard un peu perdu suivit les mouvements de Kanda. Il ne put s’empêcher de tressaillir en croisant les yeux du jeune homme. Un regard profond, et presque troublé. Presque. Comme toujours, l’exorciste gardait son calme. Cependant, il répondit bien malgré lui à une ancienne requête de Lust. Cette fois où Yû s’était vidé de son sang dans le lit du jeune homme par erreur, ils avaient vaguement discuté. A vrai dire, ils s’étaient crachés au visage des répliques cassantes. Lust tentant d’amadouer son ainé, Yû essayant de s’en débarrasser rapidement. Le manieur de cartes avait fini effrayé, et pourtant indubitablement attaché à ce grognon moqueur. Et il l’avait cherché, plusieurs fois après. Il s’était senti attiré par la force qui émanait du jeune homme autant que par son cœur glacial. Lui même ne savait pas comment aimer. Pourtant il avait décidé d’essayer. Ce n’était plus un simple défi à ce stade. C’était une envie profonde qui le dépassait. Il s’était pris à s’attarder sur les traits du jeune homme chaque fois qu’il parvenait à le croiser, les mémorisant pour mieux se les visualiser lorsqu’il était loin de lui. Son regard d’émeraude aimait caresser le visage austère, puisque ses mains ne pourraient jamais en faire autant. Et dès qu’il le pouvait, il venait provoquer le jeune homme, lui crachant des paroles idiotes qui énervaient souvent Kanda. Mais il s’en foutait. Au moins, il obtenait une réaction. Durant quelques secondes il était le seul à exister face aux yeux profonds et méprisants. Et il sentait alors une énergie parcourir ses veines ; il était vivant. Loin de l’enfant amorphe qui observait avec désespoir le soleil se lever une fois de plus pour lui, sachant pourtant qu’il n’oserait jamais laisser ses yeux se fermer définitivement sans lutter. Petite créature misérable trop faible pour dire adieu à la vie. Et trop faible encore, pour s’y attacher réellement.

    Des yeux bien trop profonds qui brûlent son âme.
    Puis se détournent en le laissant désemparé.

    Il haïssait Kanda pour cela. Pour le pousser à se dresser, à vouloir devenir fort, lui qui ne pourrait jamais l’être. Il luttait contre la peur qui raidissait ses membres, mais il n’avait encore aucun moyen pour réduire à néant ses ennemis. Il dépendait encore tellement des autres, et il ne savait comment enfin grandir. Comment oublier qu’avant les ténèbres et l’indifférence qui l’entouraient, il y avait eu de l’amour et du bonheur. Car c’était pour cela qu’il exécrait tant le monde qui était le sien désormais ; parce qu’il contrastait tant avec la perfection de son ancienne vie. Il avait suffit d’un jour pour que la sculpture irréelle qui lui avait semblé si solide voit naître en son cœur des fêlures qui un jour cisailleraient sa silhouette pour la laisser chuter au sol en milles éclats.

    Il suivit en silence les mouvements de Kanda. Des branches furent lancées dans le feu, et il s’attarda un moment sur le crépitement fascinant qui s’en suivit. Les flammes vinrent lécher avec ardeur le bois qui céda sans même lutter. A son tour. Seulement lui ne se rendrait jamais sans combattre. Par fierté peut-être. Mais aussi parce qu’il espérait encore pouvoir l’aimer, lui. Et lui apprendre à en faire de même. Sa main, fine et frêle, se tendit juste à temps pour qu’il puisse recueillir dans sa paume la branche que lui avait lancé son coéquipier. Du bois qui pourrait se briser plutôt facilement. Ce n’était pas réellement une arme dangereuse. Mais il savait que Kanda ne retiendrait pas son bras pour lui. Lust lui avait demandé, après tout. Il avait voulu que l’exorciste lui apprenne à se battre. Oui, il avait souhaité devenir plus fort. Espérant qu’un certain respect finirait un jour par se lire dans les yeux froids de son adversaire. Mais sans oser réellement lui avouer. Que cherchait- il vraiment et pourquoi ? Pourquoi voulait il rendre heureux Kanda ? Par pur égoïsme, se répondait-il souvent. Oui, il désirait l’estime et l’amitié du kendoka, c’étaient là les uniques raisons qui le poussaient à le poursuivre sans cesse. Il se moquait bien de le faire sourire par son bavardage incessant. Cela ne l’intéressait pas de lui apprendre à aimer pour qu’il ait une raison de tenir dans cette guerre, et pour qu’il puisse un jour s’effondrer sans plus prétendre tenir droit. Sans plus prétendre n’avoir besoin d’aucune main pour le rattraper lorsqu’il sombrait.
    Il s’en moquait car dans son esprit, Kanda était fort. Et il ne pouvait pas en être autrement. Après tout pourquoi apprécierait-il tant le jeune homme si ce n’était pas pour l’impression de sécurité qu’il émanait ?

    Mais avait-il encore besoin de chercher une raison ? Car oui, il appréciait l’assurance du kendoka, tout en retenant qu’il restait humain. Il aimait le caractère grincheux du jeune homme, qui produisait tant d’étincelles en se frottant au sien, instable et exaspérant. Lust aurait beau vouloir se le cacher à lui-même, il savait désormais. Oui, le gamin savait qu’il aimait Kanda. Et que pour une fois, avant de chercher son propre bonheur, il espérait également en offrir à sa … proie ? Ses doigts se serrèrent contre le bois qui lui râpa la peau, et il eut un sourire fatigué.

    Il était faible. Mais il suivait malgré cela la route de son destin qui l’entrainait sur le chemin de bataille, sans le moindre regret pour les vies gaspillées. Il se dresserait encore et toujours contre ses ennemis, jusqu’à la faiblesse qui était la sienne s’éteigne. Jusqu’à ce qu’il trouve la force dans l’ombre qui le harcelait constamment. Et il montrerait à Kanda qu’il aurait beau offrir son amour, il n’en serait pas plus tremblant lorsque l’heure viendrait de se battre. Au contraire. Il deviendrait plus fort, simplement pour défendre ce en quoi il tenait encore. Ce qui était bien limité désormais.

    Ainsi il s’approcha, soupesant discrètement le bâton qui reposait dans ses doigts serrés. Avait-il précisé qu’il n’avait absolument aucune notion d’escrime ? Ah ah ah. Il allait mourir. Soutenant le regard de Kanda, il observa rapidement sa position, sans pour autant tenter de l’imiter. Pas maintenant. Ses mains se crispèrent sur le bâton alors qu’il se mettait en action, le plus rapidement possible. La prétendue arme qu’il tenait fila vers le bras de son adversaire. Hm, oui, cela n’était ni très subtile ni probablement très efficace. Mais il avait le discret espoir de frapper assez fort pour que son professeur improvisé lâche sa branche. Ah, ah. Laissez le rêver.
    Heureusement, il ne tremblait pas. Pas du tout.

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MessageSujet: Re: It's a cold cold night. < KANDA > Mer 27 Oct - 5:54

    A slap in the face,
    And I can't erase,
    These things that you say,
    Don't make it all okay, it's not okay.

    When push comes to shove,
    I'll put on the gloves,
    Intentions are cruel,
    I ain't nobody's fool you know.

    It hurts, my pride, step aside,
    'Cause I don't need your...

    Sympathy
    Won't get the best of me.
    Misery
    That's what you're giving me.
    Sympathy
    It's just like trickery.
    Breaking me down.

    A fistful of lies,
    Dressed up in disguise,
    And make no mistake,
    I know they're all so fake,
    they're all so fake
    My self-righteous friend,
    I just can't pretend,
    Your words are the truth,
    Sincere only when they suit you.


    Ce n’était pas parce qu’il était né avec un corps surhumain qu’il s’était sentit plus fort. Ce n’était pas parce qu’il s’était arraché les bras qu’il s’était sentit plus apte à saisir une arme et à combattre. Le doute persistait toujours, en dictant inlassablement qu’un faux pas peut nous entraîner trop rapidement en avant. Parfois, dans les profondeurs de la nuit, ou dans les profondeurs de la douleur, il n’avait vu en ses capacités extraordinaires qu’un catalyseur plus adéquat à contenir la souffrance. Même si, au final, cette régénération s’était prouvée plutôt utile. Les faibles ne peuvent combattre contre des adversaires immortels. C’était d’ailleurs pour ça qu’il existait, avec ce corps marmoréen qui ne pouvait se scarifier. Il était né dans ce but d’être une arme, et de devenir plus fort. D’être exorciste. De se battre pour une guerre qui, au moins, avait plus de sens qu’une guerre contre l’humanité. S’il percevait en l’existence des akumas ne serait-ce la plus infime part d’utilité, c’était bien parce que ces monstres concentraient sur eux la chaîne infernale de la haine, l’empêchant ainsi de s’étaler sur l’humanité et son esprit fragile. Mais ces monstres devaient tout de même être abattus, pour insuffler à cette enfant fragile d’humanité des espoirs et des esquisses de bonheur. Pour illuminer ses yeux et bercer son regard vers le futur. C’est pourquoi Kanda, aussi peu glorieuses ses réelles raisons puissent être, ne cesserait jamais. Où irait-il d’ailleurs, si tout prenait fin ?

    Il n’y aurait jamais de fin. Même si le Comte était renversé, la Congrégation existerait toujours, quand bien même si elle travaillait dans l’Ombre du doute. Autrement, elle serait bien stupide. Mais, Kanda serait là pour résonner tout le monde. Voir menacer tout le monde. La prudence, le doute. N’est-ce pas ce que nous observons constamment derrière nos épaules ?

    Le ténébreux adolescent soutint le regard méchant que Lust lui envoya. Il soutint ce regard fermement de ses propres yeux d’onyx, profonds et impardonnables, semblables à ces yeux durs que les vétérans ont. Ces yeux qui ont déjà vu de nombreuses facettes de la vie et de la mort. Et son cœur ne palpitait point, car il avait subit encore beaucoup plus. Pourtant quel âge avait-il ? Quand avait-il ouvert les yeux, s’élevant sur des jambes déjà fortes et étirées ? Quand avait-il levé pour la première fois la main, fermant son point vers un idéal encore inconnu ? Vers une page si blanche, si pure ? « Ou peu importe si je tremble, si je continue d’avancer vers le danger malgré la peur. » Le courage est une chose bien belle. La sagesse n’en est pas moins splendide. Quel être ne souhaiterait pas faire ainsi preuve de prouesse ? Seulement l’homme, dans sa nature, ne réagit pas toujours d’une manière positive à ces qualités. Il a besoin d’être trompé. Et les martyrs toujours existeront pour faire avancer ce monde de la plus belle manière possible. Et jamais ce monde ne cessera de changer, car la définition de la vie est l’évolution même. Et le cri d’une enfant désespérée n’en sera que le facteur final.

    « Dis-moi, Lust, qu’est-ce qu’être exorciste ? »

    Kanda avait une opinion plutôt complète à ce sujet. Une opinion des plus déterminée. L’innocence est le présent divin et le pacte démoniaque de l’exorciste. Il faut avoir le courage de l’utiliser, autant que le courage de ne pas l’utiliser.

    Plié à ce pacte, l’exorciste déterminé qu’était Kanda ne connaissait de la vie que la mort qu’il donnait. Pouvait-on considérer une requête plus importante d’affection ? Le kendoka sentait l’écorce tortueuse de son arme téméraire, et se demandait vaguement comment Lust ressentait ce bois dans le creux de sa paume, destiné à frapper sa cible sans once de pitié, à abattre son adversaire en lui soutirant toutes possibilités. Alors, était-il capable de frapper au bon moment ? De réfléchir à ses actes ? Oh, Kanda ne pouvait en rien se vanter de prévoir ses enjeux. Au contraire, s’il réfléchissait, il était encore bien trop téméraire pour prévoir des issus de secours. S’il savait mettre en place une attaque pratique, il n’était en rien un génie capable de garder diverses cartes dans ses manches. Non, Kanda lui, montait avant tout sur le champ de bataille. Les solutions ne venaient qu’une fois le terrain dévoilé. Voilà pour quoi ce combat quittait les frontières de ses principes. Il n’y avait aucun doute qu’il abattrait facilement Lust du point de vue physique, mais malgré son esprit implacable, le terrain qu’imposait son assaut mental, même dévoilé, lui était hostile. Lust Hearnet relevait d’un mystère qu’il ne pouvait gérer de la même façon qu’il gérerait le reste. Non, son coéquipier lui donnait bien plus de mal que ça. Pourtant, il ne voulait pas se freiner avec une situation si improbable est énervante. Céder à la facilité, est-ce rendre les armes ? Chose impossible. Comment gérer un sentiment inconnu ? En le laissant faire ? Doit-on porter le même jugement pour l’amour que pour la haine ? Peut-on reprocher à une personne de ne pas y parvenir ?

    Il s’approcha. Lust s’élança vers lui, comme pour se heurter à la coque d’une ampoule en croyant atteindre la lumière. Kanda agrippa ses ailes, brûla son espérance. Ses doigts se refermèrent sur l’arme fragile de son adversaire. D’un geste habile il se retrouva dans le dos du gamin, et s’empara de son autre poignet. Cet infime mouvement arriva à un dénouement assez inattendu. Pourquoi l’exorciste avait-il choisit d’en aboutir directement là ? Pourquoi ne s’était-il pas contenté d’agiter son propre bâton, bêtement, simplement ? Avait-il si peu de patience ? Souhait-il mettre un terme à ce qu’il éprouvait dans les méandres de son esprit ? Cette sensation d’être usé et moqué ? C’était pourtant impossible. Lust Heartnet était soit un comédien hors pair, ou une pureté peu commune. Que devait-il croire ? Il se figea dans cette position inattendue, dans le dos de gamin, lui tenant les bras. Et il sembla si fragile qu’il faillit le lâcher, sans s’en rendre compte. Un infime soupir s’échappa d’entre ses lèvres et disparu dans la brise nocturne. Du coin des yeux, il vit le feu palpiter, crachant ses étincelles comme pour lui intimer prudence. Ses prunelles, d’un noir parfait dans cette pénombre, tombèrent sur la chevelure de Lust. Que faisait-il ? Il ne fallait pas rester ainsi. Il desserra son emprise et lâcha entièrement son adversaire, en lui tirant légèrement la main pour qu’il face volte-face. Alors il s’approcha, pencha la tête vers lui pour le fixer. Il avait un air menaçant qu’accentuaient le silence pesant et la solitude des environs. Ils étaient seuls. Kanda était dangereux. Voilà clairement ce qui se faisait ressentir en cet instant. Le ténébreux adolescent approcha son visage, encore. Et il voulut lui demander pourquoi. Comment. À quoi bon. Il voulut lire en lui, percer son cœur par son regard. Il voulut comprendre. S’il s’avérait que la sincérité guidait le garçon, alors était-il trop aveugle pour voir que ce qu’il cherchait à obtenir était bien trop effrayant pour être plaisant ?

    C’est dans la nature de l’homme de douter de ce qu’il ne comprend pas. De haïr les choses qui lui échappent. L’homme est égoïste. Et le plus stupide aimera son bourreau si celui est passionné, car il lui offrira un peu d’égard. Et le plus cruel fera souffrir celui qu’il dit aimer. Kanda tuait. Et s’il aimait, serait-il encore plus exécrable ? Son esprit accueillit une tornade désobligeante de pensées, de souhaits. Et ça lui était si peu commun. Alors ses yeux cessèrent de foudroyer son adversaire, comme s’ils lui passaient à travers. Il détourna la tête, toujours aussi proche.


    « Ne t’avais-je pas dis de retourner à la lumière ? »

    Il fit un pas brusque en arrière. Combien de fois lèverait-il encore la main sur Lust ? Était-ce une sorte de défense ? Contre un si petit homme qu’il aurait très bien put ne jamais apercevoir en le croisant dans la rue ? Et pourtant, voilà où ils en étaient. Seuls, deux, si peu stables sur le vaste terrain de leurs esprits que les âmes envahissaient. Contre toute attente, à force d’essayer, Lust Heartnet avait réussit à se rapprocher de Yû Kanda. Mais pas de la façon dont il rêvait, n’est-ce pas ? Même si on parvient à s’approcher du loup et à effleurer sa toison, ses crocs n’en restent pas moins prévenants et ses intentions pas moins hostiles. Ce gamin était devenu presque une gêne qui dérangeait son esprit. Un problème qu’il ne pouvait éradiquer d’un revers lassé de la main. S’il lui demandait de partir, de ne plus approcher, l’écouterait-il ? Pouvait-il seulement demander une telle chose ? Il était plus simple d’esquisser un geste intimant la prudence et le silence. Cependant, ça n’avait pas l’air de marcher. Il tourna le dos, balançant son arme éphémère dans le ciel nocturne et le rattrapant dans sa paume. Deux fois. Trois fois. Il avait le choix de tourner le dos encore une fois, de rejeter Lust, de lui faire clairement comprendre qu’il n’agissait pas ainsi par un quelconque sentiment de peur ou de dégoût mais par l’envie continuelle d’être comme il avait toujours été. D’être ce qu’il était.

    Pourtant les choses changent n’est-ce pas ?

    Il fit volte face et en deux pas rapides se trouva planté devant Lust. Sa main se posa sur son dos et il le poussa près de lui, plaquant ses lèvres sur les siennes. Il fourra son autre main dans la chevelure sombre du jeune exorciste, le morceau de bâton ayant été jeté et complètement oublié. Il ne lui permit pas de reculer, et attaqua ses lèvres sans la moindre compassion, passant facilement au travers et profitant de la situation. Il tenta d’ignorer la saveur de sa bouche qu’il s’appropriait un instant, évitant de s’y plaire et d’en graver dans son esprit la texture suave. Il ne se détacha de son corps que lorsqu’il ressentit le besoin de respirer. Alors il observa Lust, son visage toujours incroyablement proche du sien. Sa main quitta ses cheveux pour effleurer sa joue. Puis elle retomba contre son propre corps, comme une ancre qui venait d’être jetée à la mer. Comme un poids mort, qui quittait tout juste le chaud pour céder au froid. Ses yeux devinrent haïssant. Pourtant, n’était-ce pas à Lust de le haïr ? De frémir ? D’avoir peur, comme Kanda le voulait ? Pourtant, il ne pouvait s’empêcher d’être en colère. Le plus surprenant était qu’il croyait savoir ce qui le rendait ainsi, mais qu’il l’ignorait aussi. C’était à cause de Lust qu’il avait agit ainsi. C’était à cause de lui qu’il réfléchissait ainsi. C’était tout à cause de lui, il le savait. Mais il ignorait que l’acte qu’il venait de commettre ne pouvait le satisfaire. L’idée même qu’il veuille recommencer avait été bloquée à l’instant même où il avait agit. Pour lui, il n’y avait pas une once d’affection, mais peut-être un terme à ce que Lust Heartnet croyait pouvoir vivre. Il ne savait exactement. Ce qu’il savait, c’était que les choses allaient se poursuivre différemment à présent.

    There’s nothing to lose
    When no one knows your name
    There’s nothing to gain
    But the days don’t seem to change
    There’s nothing to lose
    My notebook will explain
    There’s nothing to gain
    And I can’t fight the pain.


    Spoiler:
     
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Lust Heartnet
La Frivolité Candide †

Take a look to these empty people, they're tired inside.

▐ Ton Age : 24 ▐ Rp : 46 pts =P
Féminin « Messages » : 762
« Two Perso » : Hikari Hakumei.
« Situation » : Yes Rp


Who Are You ?
Level Rise_: Rang D
Souvenir/Pouvoirs/Innocence_:


MessageSujet: Re: It's a cold cold night. < KANDA > Lun 1 Nov - 9:05





  • Do you wanna be somebody else?
    Are you sick of feeling so left out?
    Are you desperate to find something more
    Before your life is over?
    Are you stuck inside a world you hate?
    Are you sick of everyone around?
    With the big fake smiles
    And stupid lies
    While deep inside you’re bleeding
    No you don't know what it's like
    When nothing feels alright
    You don't know what it's like to be like me...

    To be hurt, to feel lost
    To be left out in the dark
    To be kicked when you're down
    To feel like you've been pushed around
    To be on the edge of breaking down
    And no one's there to save you
    No you don't know what it's like
    Welcome to my life



    Pauvre petite créature tremblante. Il était là, ne sachant plus trop ce qu’il faisait ici dehors, ne comprenant plus l’origine des frissons qui agitaient son corps frêle. Lust avait peur, mais était-ce nouveau ? Son regard se détourna rapidement de celui de Kanda, et il posa sa main sur ses lèvres, encore stupéfait. Ses doigts effleurèrent rapidement sa bouche malmenée, avant qu’il ne la laisse tomber. Le contact avait été vif et presque brutal, sans la moindre tendresse. Mais il l’avait cherché, n’est ce pas ? Non, pas réellement. Il avait été attiré par un caractère plus que par un physique – bien que Yû soit magnifique, il ne pouvait le nier – et plus le temps passait plus il savait qu’il ne pouvait plus s’en sortir. Parce qu’il était probablement amoureux. Et on ne fait pas demi-tour une fois que l’on a compris ça. Il pressa d’une main son autre poignet endolori. Les griffures étaient encore rouges et lui rappelait pourquoi il était réveillé à cette heure là.

    A cet endroit-ci, son ainé lui avait saisi le poignet pour le forcer à se retourner. Il avait glissé ses doigts dans ses cheveux sombres, avant de laisser sa main passer contre la peau dorée de sa joue.

    Et le visage de Kanda était encore si proche. Il lui semblait qu’il s’agissait d’un instant où la vie pouvait basculer, si l’on s’en donnait les moyens. S’il ne réagissait pas, s’il laissait Kanda juste s’en aller et l’ignorer désormais, alors il devrait accepter de n’être qu’un petit exorciste que personne ne connaissait. Et que personne ne regretterait s’il venait à mourir. En revanche, s’il trouvait quoi dire, peut-être que le kendoka accepterait de ne plus le haïr ? Peut-être reposerait-il sa main contre sa peau, même si Lust devait mourir de peur après cela. Jamais encore il n’avait embrassé un homme. Jamais, quelqu’un ne s’était emparé de ses lèvres avec la violence qui imprégnait les gestes de Kanda. Le regard vacillant, le jeune garçon tendit la main vers son coéquipier, un air suppliant peint sur le visage.

    « Kanda. »

    Sa voix était un peu trop faible, et sonnait comme une prière. Il voulait simplement l’aimer, et le rendre heureux. A vrai dire, malgré les excuses qu’il se donnait, il s’en foutait bien si le jeune homme devait ensuite avoir peur en mission, peur de disparaître. Lui ne voulait pas le voir mourir. Oh, il voulait simplement se brûler à sa flamme parfaite, encore et encore, et pouvoir se réjouir d’être le seul à y être arrivé. Lust était simplement brisé d’avoir cédé son cœur à une personne qui n’en voulait même pas. Pourquoi l’avoir refusé à toutes ces filles bien plus douces, bien plus tendres qui l’auraient sans doute voulu ? Parce qu’elles ne savaient pas qui il était sans doute. Il avait eu besoin de se sentir protégé. Et même si Kanda n’était sans doute pas de ceux qui serraient contre eux un enfant effrayé, il sentait une force nouvelle le traverser chaque fois qu’il se trouvait près du jeune homme, envahi par sa détermination et son courage. Kanda était rassurant. Et bien malgré lui, il aimait autant le défi que représentait l’asiatique que la complexité de son caractère. Et il rêvait de pouvoir se faufiler jusqu’à son cœur et s’y blottir jusqu’à oublier le reste du monde durant quelques secondes.
    Se raclant la gorge, il lui offrit un regard perdu avant de parler à nouveau :

    « J’irai là où tu iras, même si cela signifie que je dois rester toujours dans les ténèbres. »

    Comment pouvait-il lui montrer mieux ce qu’il se passait dans son cœur ? Les mots n’étaient que murmure. Mais il ne voulait pas le voir s’éloigner encore, pas après cela. C’était peut-être idiot pour Kanda, ce geste rageur n’était qu’une erreur pour lui, ou un moyen de faire partir le gamin, mais Lust l’aimait, il l’aimait terriblement, et il ne savait même plus comment faire pour sortir de cette situation terriblement gênante. Alors il ne fit que s’y enfoncer un peu plus, d’un pas vers l’avant, il vint s’accrocher à son compagnon, ses mains se crispant sur le dos fort, s’attendant à être éjecté d’un instant à l’autre.

    « Ne me laisse pas seul dans la lumière. » souffla-t-il.

    Il ne voulait pas y retourner sans Kanda. L’ombre lui paraissait plus accueillante s’il pouvait y trouver celui qu’il pourchassait. Bientôt, Lust n’aurait plus peur. Il souhaitait devenir plus fort lui aussi. Il avait l’envie de pouvoir se battre, mais pour quelque chose cette fois. Yû pensait-il pouvoir observer la guerre se terminer ? Ou n’avait-il simplement pas réfléchi à ce que deviendrait son existence si par hasard il devait assister à la victoire ? Lust n’avait plus de famille à rejoindre. Il était terriblement prétentieux de se croire digne de rendre heureux un combattant qui n’avait besoin de personne. Et qui ne voulait pas changer de vie. Il n’y avait peut-être pas de réel bénéfice à tomber amoureux. Si ce n’était que l’on avait l’impression de vivre pour quelque chose. On n’était jamais seul. Et cela valait peut-être toutes les souffrances qui allaient avec ce sentiment.

    S’agrippant fermement à celui qu’il avait choisi, ce jour où, dévasté, il l’avait croisé dans les couloirs de la Congrégation en arrivant, il se décida à répondre à la question posée avant que l’univers ne vacille. Avant que quelque chose ne soit arraché au plus profond de lui-même. Peut-être cette ignorance qui le laissait croire qu’il ne s’était pas attaché un peu trop à ce garçon insensible. Ou simplement, cet espoir qui lui disait que Kanda ne la haïssait pas tellement.

    « Un exorciste… Un être dans les mains duquel Dieu a déposé une arme, une puissance. Le devoir de se battre. Certains l’acceptent plutôt bien, d’autres ont peur, et en veulent à l’innocence sans oser pourtant désobéir au destin. Nous devons libérer les âmes. Mais surtout, supprimer le Comte Millénaire et la menace qu’il fait peser sur l’humanité toute entière. Il faut tuer des démons, et parfois même d’anciens humains parce que nous sommes les seuls à pouvoir le faire. Et même si cela signifie que nous devons mourir pour cela, nous devons nous battre. Simplement parce que nous avons le pouvoir de le faire. Je suppose qu’au final il serait bien plus pénible d’attendre que d’autres règlent tout cela pour nous, si nous étions au courant de tout, mais que l’innocence n’avait pas daigné nous choisir. »

    Et pour lui, ce qu’il disait était la plus pur des vérités. Mais il avait simplement envie de pleurer. Pleurer parce que cette bouche qui l’avait heurté n’était là que pour le faire fuir. Parce qu’il ne savait plus quoi penser. L’avait-il embrassé seulement pour l’effrayer, alors qu’il devait se douter que cela n’écœurait pas le jeune joueur de cartes ? Il n’y avait pas eu de haine dans les gestes. Mais le regard qui s’était posé sur lui après en contenait déjà suffisamment. S’il y avait rien qu’une chance pour que Lust ait le pouvoir de troubler le kendoka assez pour que celui-ci l’embrasse, dans un geste presque désespéré, alors que le gamin avait réagi à sa provocation et tentait maladroitement de l’affronter, il lui faudrait la saisir.

    « Tu as été choisi par Dieu pour te battre. »

    Moi je t’ai choisi pour une toute autre chose. Et il se serrait toujours presque désespérément contre ce cœur glacé. Attendant avec résignation d’être une fois de plus chassé.
    Ses grands yeux verts se fermèrent un court instant. Il n’arrivait toujours pas à le comprendre. Et cela devenait vraiment compliqué.

    Je t'aime. Mais il ne lui dirait pas aujourd'hui. Il attendrait simplement le jour où ces lèvres froides se poseraient une fois de plus sur les siennes. Et où le regard qui se fondrait dans le sien serait plus doux. Ce jour où la haine et la confusion ne brûleraient plus dans ces yeux de nuit. Parce qu'il l'aimait. Et que pour Kanda au moins, ce soir, il était unique.

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MessageSujet: Re: It's a cold cold night. < KANDA > Mar 14 Déc - 20:22

    Cause you know it's over
    Growin' colder
    I need something
    Leave me next to nothing
    All we ever wanted
    I need something
    Leave me next to nothing
    Next to nothing
    I cut you down
    I know you'll always be around
    So now you'll wait
    I know you'll live another day
    Come and take my breath away
    Look me straight in the face


    We’re like fire and rain,
    You can drive me insane.


    Oui, pauvre petite créature tremblante. Sous un ciel étoilé de mille astres flamboyants. Sous le gré d’un vent qui balaie les prairies. Sous la pression d’un cœur qui n’est autre que le sien. La cage dorée des paroles qui constituent sa poésie, enferme les palpitations dans le creux de sa poitrine. Kanda sentit les bras de Lust enlacer son torse. Un soupir infime s’échappa d’entre ses lèvres avant qu’il n’inspire profondément l’air frais de la nuit qui pénétra ses poumons comme de l’eau glacée. Ses bras tombaient à ses côtés, comme deux masses mortes. Et pourtant sa volonté lui disait déjà de le repousser. De secouer cette créature qui s’attachait ainsi à lui avec des songes stupides et futiles ancrés dans l’esprit. Mais quelque chose d’autre en lui l’empêchait de le faire, comme si deux forces aux puissances identiques s’annulaient en lui. Pourtant la force à la source anonyme qui l’empêchait de rejeter le gamin devrait de toute évidence ne pas égaler celle si légitime au jeune adolescent. Et pourtant il y avait une exception. Cette nuit, ce gamin, ce cœur. Un cœur qui semblait soudainement trop fragile pour être repousser. Comme s’il risquait de se briser. Pourtant depuis quand avait-il pitié ? Pouvait-il se permettre de trimballer un gamin partout où il allait ? La réponse était évidente. Gamin… il ne cessait de le nommer ainsi, ce surnom qui lui allait si bien. Pourtant, il était tout aussi adolescent que lui, et pour la première fois Lust Heartnet lui semblait imposant. Car bien qu’il restât droit, il pouvait parfaitement sentir l’odeur naturelle de ses mèches d’ébènes, et sentir ses bras dans son dos, qui s’y agrippaient avec volonté.

    Et les mots qu’il entendit fit de ses songes un torrent inextricable. Une nouvelle raison encore semblait envahir l’espace entre leurs deux cœurs pour les rapprocher. Et sans doute Kanda ne la comprenait-il pas, mais il n’était pas aveugle. Sans doute encore voulait-il avoir raison en faisant confiance à ce que Lust pouvait bien lui dire, sans savoir pertinemment que l’humain est un être menteur. Or l’acharnement de Lust pouvait-il réellement être l’acte irréprochable d’un acteur hors pair ? Était-ce possible d’être aussi bon comédien ? Oui. Il était même plus facile d’être comédien que de laisser ses vrais sentiments faire surface, car montrer ses sentiments relève de beaucoup de courage, ce qui en fait une cause noble et respectée. Alors Lust se présentait-il face à lui en toute sincérité, le cœur et l’esprit vaillant ?

    « Tu trouveras bien mieux près de la lumière. »

    This game is over
    I'm mean and older
    You're coming closer
    Over and over


    Animant enfin ses mains qui s’étaient jusqu’alors trouvées inutiles, il les posa sur les épaules de Lust et le fit le lâcher d’un coup un peu trop sec. Et sans doute sentit-il les doigts s’agripper à sa peau, mais le simple fait qu’il ne porta pas de vêtement plus fiable que ses quelques bandages fit en sorte que les doigts glissèrent malgré leur détermination. Alors il repoussa Lust assez violemment jusqu’au sol. Il le fixa longtemps, les yeux glacés, tout aussi froids que l’image qu’il devait à présent montrer au jeune exorciste. Sans doute le fixait-il ainsi pour tenter d’apercevoir le sentiment pur que son âme dévastatrice était assez prétentieuse à demander. Et sans doute était-ce parce que cette âme, aussi assassine fut-elle, avait toujours agit d’une manière plus ou moins brave et noble. Lust ne comprenait pas ce que Kanda vivait. Pas encore. Et il ne voyait pas le monde à travers ses yeux habitués. Peut-être le champ de bataille était-il trop nouveau pour que Lust en comprenne la gravité. Peut-être ne se rendait-il pas compte ce que la mort pouvait causer, ou peut-être le savait-il mieux encore que Kanda. Et c’était certainement le cas. Car si Kanda avait beaucoup tué et avait beaucoup vu mourir, il n’avait pas porté autant d’importance à ses gens que Lust en voyant sa famille mourir, et sans doute le gamin se sentait-il plus vulnérable que lui face à l’ennemi, lui qui ne pouvait mourir à l’instant présent, mais qui en même temps ne pouvait échapper à la mort qui lui était promise.

    « Je ne suis pas celui qui te guidera vers la vie, ni vers le bonheur. »

    Sa voix rauque semblait prononcer ces mots comme un tabou, comme des mots qui lui échappaient totalement, comme une nouveauté ancrée dans sa bouche. Se pinçant les lèvres, il se tût, bien qu’il aurait pu dire mille autres méchancetés ou mises en garde. Et sans doute le reste était-il en infériorité, mais il était là. Néanmoins Kanda mit un terme à ce sujet pour passer à celui qu’il avait lui-même lancé.

    « Toi aussi tu as été choisit pour te battre. Et tu ferais mieux de te concentrer sur ça. Ce n’est pas l’amour, ni moi qui te sauvera lorsque les ténèbres se feront inexorablement envahissantes et que ton cœur suffoquera. »

    Tout comme le mien commence à étouffer en ta présence.
    Il quitta Lust des yeux et leva la tête vers le ciel. Une espèce de sourire moqueur illumina son visage lorsqu’il contempla les étoiles nombreuses et brillantes qui parsemaient cette nuit. C’était juste à mourir de rire. Poussant un soupir, il s’accroupit lentement. Il posa ses deux genoux à terre et se pencha sur Lust. Il se rapprocha, jusqu’à ce que ses deux paumes se posent de chaque côté du corps de Lust. Le regard de Kanda avait perdu de son cynisme glacé, et observait avec une certaine gravité étouffée, comme l’éclat sauvage visible chez un étalon dompté. Il resta proche de Lust, ferma les yeux un instant, et inspira profondément l’air de la nuit. Sa voix n’était plus qu’un soupir rauque et précipité lorsqu'il lâcha ces quelques mots ;

    « Tu es désespérant, Lust. »

    Quelques murmures ambigus suivirent ses paroles, et, la moue légèrement boudeuse, il s’installa promptement à côté de Lust, reposant son corps sur l’herbe fraîche et posant sa tête sur le torse de son camarade.

    « Ce serait stupide d’attraper froid, » maugréa-t-il d’une voix étouffée. Ce qui était complètement stupide vu que leur tente les attendait, dans laquelle ils trouveraient toutes les couvertures nécessaires. Mais il était tout aussi agréable de combattre la froide brise avec la chaleur du feu qui, assez proche, colorait la peau de Lust d’un halo doré.


    Would you, want to
    Feel the way that I do?
    And I bend, to your will
    I've felatted myself

    Tied to the needle
    My drunk libido
    My nervous ego
    The faster we go
    You are an asshole
    King of the castle
    I am the meager
    Follow the leader
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It's a cold cold night. < KANDA >

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