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Des poules, et encore des poules ! ||PV : Hikari ♥

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MessageSujet: Des poules, et encore des poules ! ||PV : Hikari ♥ Mar 20 Juil - 1:16

    Campagne, ou milieu dit ‘rural’, désigne un ensemble de terres cultivées, des parcs, des arbres, de la végétation et des animaux. En opposition, nous avons la ville, soit le milieu urbain, ou encore agglomération, qui est composée de zones industrielles, comme des usines, de la technologie et des moyens de transport. La campagne, à l’inverse d’une zone urbaine, est caractérisée par sa faible densité de population –histoire de ne pas se marcher dessus, vu que la densité des vaches ou des poulets est bien plus élevée- par ses travaux plus primitifs et par le trop plein de pissenlits. Appelés ruraux ou campagnards, les habitants de la campagne représentent un peu moins de la moitié de la population mondiale. En gros, ils sont nombreux, et sentent souvent le fumier –ceci n’est point un terme péjoratif, mais il est à prendre au sens propre du terme.
    Evangeline n’aimait pas la campagne, mais alors, pas du tout.
    Pas que l’apparence lui comptait peu, mais lorsqu’elle devait faire ami ami avec les animaux de la ferme, rien n’allait plus. Vous le savez sûrement depuis le temps, mais l’Horloge n’était pas très douée en relations humaines, eh bien elle l’était encore moins dans les relations animales ! Exceptés les chats, les oiseaux et les serpents, qu’elle désignait comme animaux majestueux et dignes, Evangeline n’aimait pas s’acoquiner avec les quadrupèdes. Les bêtes ne la dérangeaient pas, sauf si elles commençaient à l’ennuyer : c'est-à-dire lui monter dessus, la bousculer, la salir ou autre chose du même genre. La demoiselle Pavlichenko se souviendrait toujours, sans doute, de la terrible aventure qu’il lui était arrivé il y a quelques années… La fabuleuse mission de la ferme ! Parfois, elle s’était demandé si Komui ne l’avait pas fait exprès de l’envoyer dans ce genre de galères innommables, ce genre de missions totalement inutiles, mais qui prennaient un temps fou. Evangeline Pavlichenko avait été envoyée dans une ferme afin qu’une vache puisse faire sa rééducation, car la pauvre s’était brisé une patte ! Cherchez le rapport, mais au fond il y en avait bien un, c’était probablement un akuma, en faisant tomber un arbre qui l’aurait écrasée. Eh bien Evangeline maudissait cet Akuma pour avoir manqué sa cible. Car sur place, lorsqu’elle soutenait la vache pour qu’elle se relève, un stupide porcus, ou Sus scrofa domesticus, appelé plus couramment ‘cochon’, lui avait volé sa croix de Rosaire, signe qu’elle était une exorciste. Evangeline avait dû le poursuivre et nager avec lui dans sa marre de boue pour le récupérer. En tout, elle y avait passé six heures. Enfin, tout ça pour dire qu’Evangeline, aussi encyclopédique et cultivée qu’elle fût, détestait la campagne et tout ce qui s’y rapprochait !
    La journée était belle, un soleil mordant accompagné d’un ciel bleu immaculé. Et l’exorciste du nom d’Evangeline avait été une fois de plus, envoyée à travers la campagne.
    Mais cette fois-ci, elle n’était plus avec son meilleur ami qui s’était bien moqué d’elle tout le séjour, mais avec sa confidente, j’ai nommé Hikari Hakumei. Hikari, la belle Hikari Hakumei, sa meilleure amie, qui aimait passionnément et réciproquement son meilleur ami. Non, Evangeline n’était pas jalouse de sa relation, car les deux étaient ses meilleurs amis, et même si elle aussi était amoureuse, elle préférait s’effacer et se réjouir pour eux. Sa grande complice japonaise, qu’elle avait rencontrée dès sa première journée à la Congrégation, était très vite devenue quelqu’un d’important pour elle. Evangeline avait d’abord été frappée par sa beauté, ses yeux turquoise et ses cheveux légèrement à la garçonne. Son nez droit, ses pommettes et son corps élancé avaient tout de suite plu à Evangeline. Mais ce que l’Horloge préférait avant tout, c’était la personnalité de Hikari. Elle apprit vite que sa future amie avait peur des relations humaines, et préférait s’effacer. Ce fut le premier point commun qui réunit les deux exorcistes. Passionnée par ses convictions, droite, loyale et impitoyable. L’Horloge fut aussi attirée par la froideur spectrale que dégageait Hikari, ainsi que son répondant et son insolence. Tout lui plaisait chez elle ! Evangeline fit le premier pas, et après quelques années, elles étaient devenues extrêmes proches. Les deux femmes ne se cachaient rien et n’avaient aucun secret l’une envers l’autre. Cette relation de confiance avait rassuré, et rassurait encore l’Horloge brisée, qui de nombreuses fois pourtant, avait été trahie injustement.
    Les deux exorcistes étaient dans le train en direction de la campagne allemande. Komui avait d’abord envoyé Evangeline en Allemagne pour une mission, mais après s’être bien faite comprendre que ceci était parfaitement intolérable, le Grand Intendant céda et laissa l’Horloge choisir son équipier. Et c’est comme ça que la pauvre Hikari avait été emmenée au fin fond de la campagne pour une simple mission.
    « Aaah, cette mission nous permettra de prendre un peu de bon temps j’imagine… Bien que la campagne ne soit pas mon lieu de prédilection, Komui m’a assuré que la mission allait être simple et serait réglée rapidement. Ce serait peut-être intéressant de consulter enfin le contrat de mission. Alors alors… nous allons dans la campagne allemande, chez les Grutzenberg. Ils ont une ferme –ça, je le redoutais- et ils ont fait appel à la Congrégation pour… Une histoire de poules ?! »
    Evangeline froissa –ou plutôt réduit en bouillie- le contrat de mission qu’elle tenait entre les mains. Un rictus énervé se dessina sur son visage de porcelaine, et après avoir rendu le papier à peu près lisible, poursuivit sa lecture.
    « Des poules… Après une vache, des poules… Bon. Chaque jour depuis trois semaines, une poule disparait et seule une plume demeure, avec une étoile inscrite dessus… Je vois pourquoi Komui nous y a envoyées, il doit sûrement penser que c’est l’œuvre d’akumas… Cela serait pourtant étrange, vu que les pentacles noirs font exploser toute forme de vie. Il est parfaitement impossible qu’une plume avec un pentacle soit encore de notre monde. D’après moi, cela ressemble plus à un voleur de poule qui veut faire passer ses actes pour des crimes d’akumas. Cette histoire est absurde, mais ce petit problème sera sûrement amusant, non ? J’aurais pourtant voulu courir après les akumas… Enfin, nous sommes en mission, et même si cela relève plus d’une enquête rurale, il faut la mener à bien.»
    Evangeline soupira bruyamment et posa les yeux sur son équipière. Elle vit ses yeux turquoise emplit d’une certaine mélancolie s’abandonner dans le vaste ciel bleu. Elle descendit plus bas, et regarda ses mains. Une paume était visible, et elle voyait les quelques petites cicatrices, preuves de l’utilisation de son innocence, l’aube vengeresse. Comme L’Horloge, son innocence semblait lui faire mal à l’utilisation. Evangeline se perdit à son tour dans la contemplation du ciel bleu et maudissait les nuages qui ne daignaient pas se montrer. Après un long voyage interminable dans la chaleur étouffante du train, celui-ci s’arrêta dans une gare de campagne. Les deux exorcistes descendirent du train, qui repartit aussitôt dans l’autre sens, c’était le terminus. La russe se plaignit de la chaleur atroce qui mordait sa peau de porcelaine, et regarda le paysage environnant. Des champs étaient visibles, puis des champs, puis des champs, et encore des champs, et pour finir des champs. Elle se questionna sur ladite ferme qu’ils devaient rejoindre, puis se souvint d’un petit message dans le contrat de mission. L’exorciste s’en saisit puis l’ouvrit en grand. Un petit papier blanc de mauvaise qualité en tomba et Evangeline en lut le contenu à haute voix.
    « Bon, nous sommes arrivées, plus qu’à trouver cette ferme… Le papier dit de ne pas bouger de la gare et que les propriétaires de la ferme viendront nous chercher. Bon, eh bien nous n’avons plus qu’à attendre ! Diantre, ce qu’il fait chaud ! Et pas même un arbre pour s’abriter du soleil ! »
    Une mine boudeuse prit place sur le visage angélique d’Evangeline qui s’assit sur un gros caillou. Au contact de la roche, Evangeline bondit et eut un petit cri de mauvaise surprise : le caillou était brûlant, et Eva était en minishort de cuir. L’exorciste du se résigner à rester debout en attendant les propriétaires chez qui elles allaient passer les prochains jours.
    Deux heures passèrent.
    Les visages des deux jeunes femmes étaient livides, de par la chaleur, comme de la lassitude. Lorsque soudain, au loin, sur un petit chemin tout cabossé, elles aperçurent une charrette. Evangeline se dressa sur la pointe des pieds pour mieux la voir et aperçut une dame grasse lui faire de grands signes de la main. Consternée et lassée, Evangeline n’eut pas le courage de le lui rendre. Dès qu’ils arrivèrent devant les deux exorcistes habillées tout de noir, la dame descendit de sa charrette et serra vigoureusement la main d’Evangeline qui s’ébranla un peu à son contact.
    « Eh bien vous voilà enfin mes deux ptiotes ! »
    Enfin ? Enfin ? Cela faisait deux heures qu’elles poireautaient sous le soleil !
    « Ach, montez donc mes gringralettes ! Comment est-ce possible que deux ptits bouts de nanas comme vous faites du boulot pour les exorcistes ? »
    Aucune des deux filles ne préférera répondre, car leurs regards en disaient long. Après le voyage monstrueux à bord de la charrette à travers la campagne, la vraie, les exorcistes ainsi que leur hôte pénétrèrent sur le domaine familial. Evangeline écarquilla grand les yeux lorsqu’elle vit le bétail et la grande ferme. Des poules, ça il y en avait au moins deux cents, mais il y avait aussi des vaches, des porcs et tout ce qui pouvait bien s’en suivre ! La ferme était gigantesque, pittoresque, mais semblait vieille et insalubre. Le mari –ou plutôt gros bonhomme difforme au visage joyeux- accueillit les deux femmes de la Congrégation en leur faisant un énorme câlin, qui les souleva toutes les deux au-dessus du sol. L’une comme l’autre n'avait pas vraiment l’habitude d’être accueillie de la sorte, et elles furent invitées à partager le diner avec les ruraux. Après cela, elles furent conviées à regarder les millions de photographies de leurs enfants dans des albums photo énormes. Bien que la soirée fut sous le signe de la bonne humeur –enfin, juste du côté des campagnards bien entendu- une profonde tristesse posséda le regard de la bonne femme. Evangeline ne put se contenir de demander.
    « Où sont vos enfants ? »
    La femme de campagne, appelée Karen, regarda Evangeline avec un sourire emplit de mélancolie.
    « Ils sont morts, tués par des akumas la semaine dernière. »
    Evangeline bondit de sa chaise.
    « Ceci n’était absolument pas mentionné dans le contrat de mission ! »
    Après avoir demandé des détails, aussi peu soient-ils, les deux exorcistes apprirent que les trois enfants avaient été subitement attaqués alors qu’ils allaient chercher du bois dans la minuscule forêt derrière le domaine. Les parents avaient essayé de les défendre, sans succès, et ils moururent après simple contact de l’akuma. Décidément, cette affaire de poules semblait prendre une nouvelle tournure, si bien que l’Horloge était bien décidée à régler cette mission avec Hikari.
    L’heure vint pourtant à se coucher, Karen montra la chambre aux deux jeunes femmes et se retira dans la sienne. Il faisait nuit noire, Evangeline ne parvenait pas à dormir. Elle se leva doucement et alla à la fenêtre. Après l’avoir ouverte et enjambée, Evangeline alla se caler sur une roche, face à la lune. Elle pouvait enfin apprécier une petite fraicheur ainsi que la tranquillité environnante.



[voilà mon horreur XD J'espère que ça te plaît ! Je ne pense pas refaire des posts longs comme celui-là, c'était juste pour poser le contexte ! ;D]
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Hikari Hakumei
La Lumière Céleste †





Forget these empty lies.

▐ Ton Age : 24 ▐ Rp : 0
Féminin « Messages » : 1555
« Two Perso » : Lust.
« Situation » : Yes Rp


Who Are You ?
Level Rise_: Rang C
Souvenir/Pouvoirs/Innocence_:


MessageSujet: Re: Des poules, et encore des poules ! ||PV : Hikari ♥ Mer 21 Juil - 2:42

  • [ Désolée c'est beaucoup trop long >>" Tu m'inspirais. Je ferai bien plus court après, histoire qu'on puisse avancer avant notre départ en vacances <3 ]

    Hikari, elle, appréciait la campagne, à défaut de l’aimer réellement. Il y avait en elle une certaine nostalgie à l’idée même d’immenses étendues d’herbes vertes, de ruisseaux limpides dont l’eau chanterait doucement en caressant les galets plats. Elle avait grandie dans une maison majestueuse, la demeure familiale de la famille Hakumei, qui se trouvait perdue à l’orée d’un petit bois, dans ce qu’on pouvait appeler la campagne japonaise. Lorsqu’elle était petite, il arrivait qu’elle aille jouer dans la rivière qui serpentait entre les arbres, sautant dans l’eau avec sa sœur jumelle, trempant leurs belles robes et leurs longues boucles noires, mais s’affalant quelques heures après dans l’herbe de la prairie, ivres de bonheur. Pour elle, la campagne était teintée d’une improbable noblesse, figée comme les photos d’un vieux magazine. Et c’était lorsque l’on connaissait sa vision des choses que l’on devinait en elle la naïveté des jeunes filles ayant grandi dans un monde parfait et habillé de lumière, ignorant tout de la réalité des choses. Réalité qui avait tendance à ternir le rêve. Ainsi, ses souvenirs de fillette furent éclaboussés de boue lorsqu’Eva lui fit partager sa haine de la campagne, de ses odeurs insoutenables, des langages rustiques, de la joie, simple certes, mais parfois dérangeante, de ses habitants et surtout, des animaux qui vagabondaient dans la terre et dans le fumier. Ce fût donc avec une certaine réticence qu’elle accepta de se rendre dans la campagne allemande pour régler une mission qui paraissait à vrai dire, très banale. Et très stupide.

    Ce qu’elle n’avouait pas réellement, c’est que sa réticence n’avait pas été dure à s’évaporer. Elle partait avec Evangeline pour quelques jours loin des combats sanglants, plongée dans un monde différent avec sa confidente. Et celle qu’elle considérait comme sa meilleure amie.
    Aussi, elle se sentait presque sereine, assise dans le train qui les emmenait vers leur futur lieu de travail, laissant son amie, un peu plus sérieuse qu’elle en cet instant, lui résumer leur mission alors qu’elle laissait son regard se perdre dans le ciel bleuté, tentant d’oublier la chaleur qui déposait sur ses épaules une chape de plomb. La campagne véritable, voilà le lieu vers lequel elle se rendait. Il ne s’agissait plus du domaine privé d’une maison noble. Une maison qui avait été la sienne durant 15 longues années. Il y avait tant de souvenirs qui tournoyaient ainsi autour du domaine des Hakumei, tant de songes parfaits dans lesquels elle pleurait, riait, dansait avec son double parfait, celle qui désormais, ne pouvant plus être sa moitié, était devenue sa parfaite ennemie. Pourtant, après à peine plus d’un an passé à la congrégation, ces 15 années paraissaient toutes appartenir à une autre vie. Il y avait eu tant de bonheur. Jusqu’à ce que leurs parents tentent de les séparer, sonnant le début du déclin de leur vie. De deux gamines pleines de vie, elles étaient devenues deux adolescentes paisibles, essayant tant bien que mal à retenir les répliques mordantes qui leurs venaient naturellement. Et tout n’avait fait qu’empirer pour Hikari lorsqu’elle devint exorciste. Elue de Dieu. Elle avait tout d’abord appris à garder constamment le silence, refusant de s’attacher à ses semblables qui ne pourraient remplacer sa famille. Refusant d’aimer ceux qui étaient promis à la mort, comme elle. Mais Evangeline s’était faufilée à travers son mutisme, devenant inexorablement sa meilleure amie. Et laissant ouverte derrière elle la porte du cœur de Hikari, qui avait ainsi appris à revivre autrement, se composant une autre famille, un peu boiteuse certes, mais dont elle ne pouvait plus se passer.

    Et lentement, la vie circulait de nouveau en elle, l’animant d’un nouvel éclat. Mais un joyau incomplet jamais ne brillera autant qu’auparavant. Et elle avait beau sourire, derrière son visage apaisé se cachait un gouffre béant qui avalait avec insistance le bonheur maigre qu’elle s’efforçait de tisser avec ses amis.

    La jeune fille détacha avec difficulté son regard de la vitre, ayant oublié sa contemplation du paysage pour plonger une fois de plus dans ses songes tourmentés. Meian ne quittait jamais ses pensées. Il s’agissait de sa moitié, cela aucun Dieu ne pouvait le changer. Malgré les mots durs qu’elle avait pu proférer lors de leurs retrouvailles, Hikari n’arrivait pas à haïr sa sœur jumelle. Seulement à souhaiter que tout redevienne comme avant. Oh certes elle avait fait des rencontres. A commencer par Eva, et Lavi. Et encore Nyra. Des personnes qu’elle n’aurait jamais connu autrement, si elle n’avait pas été choisie par Dieu pour devenir exorciste. Cette guerre était sanglante et immonde, mais Hikari n’avait plus envie de la fuir. La situation qui était la sienne lui donnait simplement envie de se battre pour que le monde survive. Et, même si c’était un espoir fou et stupide, pour que peut-être, elle puisse retrouver sa sœur sans que la haine ne s’impose entre elles. Et pour que ses amis eux aussi puissent goûter à la paix. Il ne lui restait désormais plus qu’à espérer que tous survivraient aux inévitables combats auxquels ils auraient encore à prendre part.

    Heureusement, cette mission là ne devrait pas s’avérer trop dangereuse, songea-t-elle en écoutant la voix de son amie avec attention. Certes, elle aimait chasser l’akuma, savourant la puissance grandissante de son innocence. Mais cette fois là au moins, elle pouvait supposer que son cœur ne souffrirait pas d’une activation abusive de son arme.

    « On ne va pas se plaindre, il se pourrait que, pour une fois, cette mission soit simple à régler. S’il s’agit bien d’un voleur de poule, nous n’aurons qu’à surveiller la ferme durant la nuit. Cela nous permettra de nous « détendre » un peu. »

    Elle eut une hésitation, avant de rajouter rapidement, un vague sourire aux lèvres.

    « Du moins si tu arrives à te détendre avec les meuglements des vaches. »

    Epuisée par la chaleur, elle détourna cependant de nouveau la tête pour repartir dans ses rêveries. Oui, il s’agissait sûrement d’un simple voleur de poulets. Mais pourquoi celui-ci se ferait-il passer pour un akuma ? Pour effrayer les fermiers ? Une vague grimace passa sur son visage, bien vite oubliée. Et s’il s’agissait d’un Noah ? Cela ne la surprendrait pas, ces serviteurs du Comte trouveraient certainement cela amusant de traquer lentement des humains innocents. Haussant les épaules, déterminée à ne pas y songer tant qu’elle ne serait pas arrivée, Hikari accepta de se perdre dans l’immense étendue bleue qui semblait vibrer sous la lumière assassine du soleil.

    Il faisait chaud. Tellement chaud qu’elle se sentait comme une poupée de cire dans un four à pain. Appuyée contre un des murs rustiques de la gare, Hikari rejeta la tête en arrière, fermant à demi ses grands yeux bleus. Bien, il ne restait plus qu’à attendre. Et c’est ce que les deux exorcistes firent. Deux heures s’écoulèrent, et la jeune japonaise sentait son crâne l’élancer désagréablement. Le soleil tapait, et elle sentit sa peau brûlante lorsqu’elle passa une main lourde sur son visage. Sa tenue était tout aussi légère que son amie. En effet, la Congrégation adaptait les uniformes de ses exorcistes en fonction de leur arme. Hikari prenait donc soin de laisser une surface maximale de peau dénudée, afin de pouvoir faire naître la lumière de son innocence sur une zone plus vaste, celle-ci ayant tendance à calciner tout ce qui entrait en contact avec elle, hormi la peau de son élue. Mais, malgré leurs jambes et leurs bras à l’air, les deux jeunes femmes parvenaient à souffrir extrêmement de la température. Après tout, le cuir noir constituant les uniformes des Elues de Dieu n’est pas une matière conseillée en été.

    La jeune fille aurait presque levé les bras au ciel avec un cri de soulagement si elle n’avait pas été trop épuisée pour cela. Elle se contenta d’un hochement de tête sec pour saluer la femme débonnaire qui se permettait de leur faire des réflexions… désespérantes. Puis vint le voyage en charrette, durant lequel elle garda le silence, le cœur au bord des lèvres. Hikari daigna darder un regard fatigué sur les centaines d’animaux qui vadrouillaient dans le domaine, mais ne dit pas un mot non plus, observant simplement l’endroit qui allait les accueillir durant les jours à venir. En parlant d’accueil, celui du vieux fermier la surprit autant qu’il la mit mal à l’aise. Les contacts physiques avec des inconnus n’entraient pas dans la liste des choses qu’elle appréciait. Cependant elle accepta l’étreinte étouffante avec un sourire gêné, avant de suivre le couple à l’intérieur de la ferme.

    La soirée qui fit suite au diner s’avéra intéressante, puisqu’elle offrit un rebondissement inattendu à cette mission qui aurait du s’avérer banale. Le couple leur présentait des photos de leurs enfants, avec un amour débordant qui réveilla une fois de plus le gouffre tapi dans les souvenirs de la jeune Hakumei, mais aussi avec une tristesse presque palpable qui éveilla son intérêt. Et c’est alors qu’Evangeline posa la question qui pesait dans les airs depuis quelques minutes.

    « Où sont vos enfants ? »

    L’atmosphère devint terne lorsque la réponse vint. Hikari posa ses grands yeux bleus sur le couple, tandis qu’Evangeline se levait de se chaise avec indignation. Voilà qui changeait tout. Ainsi il y avait bien un akuma dans les environs, et celui-ci avait déjà fait des victimes. Une vague de tristesse passa en elle, soulevant son cœur, l’emportant presque dans les méandres de sa conscience, là où dormait le trou qui attendait de l’avaler. Les akumas étaient la conséquence d’un bonheur brisé. Et ils contribuaient à en déchirer d’autres. Un instant, elle imagina la détresse des deux fermiers face à leurs enfants se couvrant d’étoiles sombres. Elle crut presque sentir la souffrance insupportable d’une vie qui sombre lentement, entendant leurs cris tandis que trois gamins étaient réduits en poussière.

    Voilà pourquoi il était juste d’être exorciste. Pour empêcher encore que de nouvelles blessures germent dans des familles auparavant heureuses. Des explications suivirent, et les deux exorcistes écoutèrent, demandant parfois des éclaircissements. Puis, ceci fait, on les conduisit jusqu’à leur chambre, et Hikari se laissa tomber sur son lit, fixant le plafond avec obstination, réfléchissant à la mission qui les attendait, et qui se faisait tout d’un coup bien plus passionnante. Mais également bien plus risquée. Un instant, elle tenta d’imaginer comment, et pourquoi, un akuma pourrait-il laisser derrière lui, chaque jour après le vol d’une poule, une simple plume marquée de son signe. S’il dérobait réellement les animaux, les tuant par la même occasion, il n’aurait du rien en rester. Perdue dans ses réflexions, elle chassait de ce fait de sa tête les images dérangeantes de sa famille qui venait sans cesse la hanter, et d’une manière encore plus intense après avoir feuilleté les épais albums photos de la famille des fermiers. Elle n’aurait pas du regretter ses parents, pourtant, parfois, elle en venait à se demander s’ils allaient bien, s’ils pensaient toujours à Meian et à elle. Elle ne pouvait pas tout leur reprocher non plus. Même s’ils n’avaient pas décidé de les séparer, son innocence se serait manifesté un jour ou l’autre et aurait brisé la paix de leur famille. Ils avaient tous leur part de responsabilité. Elle, s’était enfuie à deux reprises, la première fois entrainant la déchéance de leur famille, la deuxième, sa rencontre avec un akuma et donc le réveil de son innocence. Meian avait laissé son chagrin et sa haine faire d’elle un monstre. Et ses parents… n’avaient pas su les aimer plus que leur condition sociale.

    Un soupir échappa à la jeune fille lorsqu’elle observa la petite horloge murale. Il était plus de minuit. Le temps passait rapidement, cela faisait bien plus d’un an maintenant qu’elle était arrivée à la congrégation, amère et froide, décidée à rejeter les morts en sursis qui oseraient l’approcher. Plus d’un an qu’elle connaissait Evangeline. Plus d’un an qu’elle n’avait pas su oublier sa sœur. Et une fois de plus, un bruissement l’empêcha de sombrer dans la mélancolie. Hikari releva la tête assez rapidement pour apercevoir Evangeline qui se levait, enjambait la fenêtre, et sortait sous le clair de lune. Un sourire illumina son visage. Sa meilleure amie aurait pu remplacer Meian. Aurait pu. Il était vrai que les deux filles avaient quelques traits en commun, chacune dotée de grands yeux bleus et de longs cheveux noirs. Mais on ne remplace jamais un membre de la famille, ni un être cher. Ainsi la Lumière Céleste n’avait jamais tenté d’accaparer la place d’Epsilon dans le cœur de sa confidente, et c’était mieux ainsi.

    Discrètement, elle se leva et suivit le même chemin que l’Horloge, restant debout derrière elle sans s’asseoir, contemplant un court instant le ciel. En pleine campagne le ciel était pur et dégagé, et les étoiles n’en étaient que plus sublimes. Durant quelques secondes, elle se contenta de basculer dans cet océan de lumière, simplement apaisée. Les deux personnes qui comptaient le plus pour elle à la congrégation avaient en commun avec elle une certaine difficulté à trouver le sommeil. Et c’était souvent agréable pour elle de simplement rester éveillée en leur compagnie. Puis, elle sentit le besoin idiot de parler. Car même si Evangeline connaissait tout sur elle, ses zones d’ombres comme ses lueurs, elle ne pouvait encore dépasser la barrière des mots.

    Deux jeunes femmes qui ont interdit l’accès de leur cœur au monde extérieur, et qui, pourtant, ont su se trouver. Evangeline était une des rares à connaître son amour pour Lavi. Et surtout, son amour pour sa sœur. La plupart des exorcistes ne savaient même pas qu’elle avait une sœur chez l’ennemie. Plus rares encore étaient ceux qui savaient qu’elle ne la haïssait même pas. Mais ce n’était pas de cela qu’Hikari souhaitait parler. Tout ce qu’elle souhaitait était étayer un peu le silence par des paroles sans but véritable, simplement partager un moment de calme avec son amie. Pour une fois.

    « As tu envie de parler un peu de cette mission qui se complique, ou préfères tu que nous oublions un peu pourquoi nous sommes ici ? »


    Ainsi perdue sous le ciel noir, elle pouvait croire que la guerre n’était qu’un simple cauchemar, que tout était normal. Qu’elle et Eva s’étaient simplement rencontrées au lycée, ou durant un voyage avec leur famille. Mais sans guerre, sans akumas ni Noah, Eva n’existerait même pas.

    « Cela fait du bien. Même si ce n’est pas le plus bel endroit du monde, je me sens bien ici. »

    Malgré les cris des coqs qui les réveilleraient le lendemain lorsqu’elles se seraient décidées à dormir. Malgré la mort qui rodait encore quelque part dans la ferme, sûrement endormie sous un parquet branlant. Car en compagnie de sa confidente, elle croyait pouvoir oublier les ombres qui tendaient les bras vers elle, essayant de la saisir par les chevilles pour l’emmener en enfer. C'était presque étrange de goûter à la joie d'avoir des amies. Petite, elle s'était toujours contenté de sa jumelle. Mais dès son arrivée à la congrégation, alors qu'elle comptait bien faire fuir la moindre personne osant lui adresser un sourire, Evangeline s'était avancée vers elle. Lui parlant. Et devenant, sans lui laisser la moindre envie de refuser, sa première amie. Hikari s'en était fait d'autres après, mais aucun n'avait su atteindre son coeur avec autant d'efficacité que la jeune russe, qui pourtant se disait maladroite en relations humaines.

    Hikari fit quelques pas de plus, allant s'asseoir à même le sol, juste à coté de l'Horloge. Quelque part au fond de sa poitrine, l'innocence cognait contre la paroi de son coeur, accompagnant chaque battement de son éclat pure et divin. Mais pour la première fois depuis bien longtemps, il ne vint pas à l'idée d'Hikari de l'activer. Son arme était endormie, qu'elle le reste. Et la laisse profiter d'un moment de paix.

    « Qu'il s'agisse d'un voleur de poules ou non, un akuma a rodé dans les environs. Qu'il vienne ; nous le détruirons. Cela sera aussi simple que cela.»

    Et cela paraissait si facile dit de cette façon, d'une voix presque amusée. Un simple jeu, une chasse au monstre. Un jeu qu'elles étaient tellement sûres de gagner qu'on pourrait les accuser de tricher.
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MessageSujet: Re: Des poules, et encore des poules ! ||PV : Hikari ♥ Mer 25 Aoû - 2:27




"La plume est toujours source d'inspiration,
elle gratte toujours le papier,
et elle fait toujours de grosses tâches d'encre...
Qu'elle provienne de poule ou de colombe."


Un jeu fort simple en soi. Une chasse aux akumas, une chasse aux monstres, une chasse aux âmes perdues. Evangeline paraissait elle aussi amusée de cette situation finalement. Elle ne songeait pas encore au coq vengeur qui aurait l’audace le lendemain matin de percer le ciel –et les tympans- de son chant tant aimé. Elle ne songeait pas non plus aux deux fermiers qui leur feraient encore une fois la fête. Mais en revanche, elle pensait beaucoup à cette mission aux traits étranges.
« Je propose qu’on se débarrasse de la question ‘travail’ rapidement, puis on passera aux choses plus croustillantes par la suite, non ? »
L’horloge afficha un large sourire en posant ses yeux sur sa grande amie. Ne vous détrompez pas sur le compte de l’exorciste aux longs cheveux ébène. Elle aimait beaucoup son travail, et prenait à cœur de toujours le finir à la perfection. Mais lorsqu’elle se retrouvait en compagnie de sa confidente, un enthousiasme rare s’emparait de sa personne ce qui entraînait souvent de longues, longues discussions.
Donc, la première étape : la mission.
D’apparence trop peu sérieuse aux yeux des deux exorcistes sous le clair de lune, le grand Intendant avait insisté à ce qu’Evangeline prenne la mission. Et lorsque celle-ci réclama la présence d’Hikari, Komui n’avait été que trop content qu’une personne de plus se joigne à cette curieuse affaire. Evangeline avait bien du mal à comprendre les motivations humaines, si loin de sa logique machinale. La seule chose qui avait décidé l’horloge à accepter la mission… c’était son total dévouement envers son supérieur. Elle savait bien que si Komui avait insisté –bien que les autres exorcistes lui avaient répété qu’il était fou à lier- c’était pour une bonne raison, et non pas par folle lubie d’envoyer deux exorcistes à travers la campagne pour s’amuser. Après tout, l’armée de Dieu était en guerre, et du gâchis de temps ne pouvait être permis.
« Je ne sais pas ce qu’elle t’inspire cette mission, mais elle me semble bien louche. Tout d’abord, commençons par les poules. Oui, les poules, dit-elle devant l’air peu encourageant de sa compatriote. Les akumas sont bien étranges, et bien assez étranges pour que l’on s’étonne d’un rituel comme celui-ci. Mais le problème dans ce rituel, c’est le présent donné à la famille. J’ai bien réfléchi et ressassé toute l’histoire des akumas et des exorcistes, et il est évidemment noté qu’un akuma ne peut pas laisser sa marque sur un organisme vivant –ou autrefois vivant- sans que celui-ci ne se désintègre. Puis, je ne sais pas si tu as eu vent de l’histoire sur l’entrée d’Arystar Krory dans la Congrégation… C’est Lavi qui me l’a racontée. Quand Allen et lui ont exploré le château de Krory, ils ont fouillé des tombes et ont vu des pentacles sur le sol et sur le bois moisi des cercueils, ce qui a révélé la présence d’akumas en décomposition. J’ai pensé alors que le pentacle sur la plume était possible après tout… Mais cette théorie s’est vue démontée en deux temps trois mouvements. De un, les akumas étaient enterrés, donc tout près des pentacles, et à moins qu’un akuma se cache derrière chaque plume laissée, c’est parfaitement impossible. De deux, la terre et le bois ne sont pas identiques à l’organisme vivant comme un humain ou un animal. J’en suis donc venue à la conclusion la plus logique que le pentacle sur la plume est dessiné à l’encre noire. Je demanderai demain aux fermiers de me montrer les plumes, qu’ils ont gardées, m’ont-ils dit, afin de conforter la théorie. Mais d’après moi, cela ne peut être que ça. Qu’en penses-tu ? »
Evangeline logea son menton entre son pouce et son index, puis avant qu’Hikari ne pipe mot, elle reprit sur un ton bien plus sérieux que celui qu’elle avait arboré en venant dans le vaste jardin. Comme quoi, le travail reprit finalement le dessus quelques minutes.
« De plus, si cette hypothèse est vérifiée demain matin, il faudra alors reconsidérer la chose. Si le pentacle est bel et bien dessiné, c’est soit que l’akuma s’amuse à le dessiner sur la plume, soit qu’il est créé de main humaine. S'il est créé de main humaine, alors peut-être que toute cette affaire n’est pas du ressort d’un exorciste, mais plutôt celui d’un enquêteur. Si donc le pentacle est dessiné par la main humaine, c’est que soit c’est un des fermiers qui transforme le génocide de poules en attaque obstinée d’akuma, ce qui pour moi est peu vraisemblable, mais à éclaircir tout de même… Voyons, pourquoi les fermiers qui ont perdu leurs enfants à cause d’akumas feraient une chose pareille ? Pourquoi déguiseraient-ils ce lynchage en acte diabolique ? Cela me dépasse pour l’instant… Mais si nous retournons à la source… Peut-être qu’ils ont appelé des exorcistes afin de les tuer pour se venger d’un travail qu’ils jugent peut-être mal accompli… »
Evangeline se mit les deux mains sur la bouche en signe de consternation.
« Evangeline, Evangeline… Chercher une explication avant de connaître tous les faits est une erreur capitale. Le jugement s'en trouve faussé. Je me mets à tergiverser comme un môme de huit ans…»
L’horloge se redressa comme aiguille sur douze heures puis reprit plus posément.
« Je disais donc… Si le pentacle est bel et bien dessiné par la main humaine, ce sont soit les fermiers pour une raison encore inconnue, soit un quelconque voisin. »
L’exorciste se retourna subitement et fit un tour circulaire avec sa tête, les yeux bleus perçant le voile de la nuit noire. Ne voyant strictement rien à plus de cent mètres à la ronde –grâce à la lune et au terrain dégagé de la ferme- Evangeline ne put distinguer une quelconque autre masure.
« Je pense que nous devrions chercher des voisins demain au grand jour. Après tout, l’hypothèse que le pentacle écrit par un homme ou une femme est tout de même plus plausible que celle de l’akuma… Je vois mal une bête du Comte avec une plume et un encrier… Quoique. Enfin, nous verrons bien demain, et la recherche de voisins est tout de même primordiale, ils peuvent avoir été témoins d’une scène importante. »
L’horloge détourna ses yeux de l’horizon invisible par la nuit et les posa sur sa meilleure amie. Elle afficha un sourire qui dévoila ses dents pointues puis poursuivit d’un ton plus encourageant ponctué d’un petit rire.
« Voilà ce qui en est de la mission ! Penses-tu que nous pouvons passer à la suite ou as-tu une hypothèse sur ces curieux faits ? »
[Enfin répondu ! C'est bien plus court comme tu le constates, j'en suis navrée ! ;O; J'espère que ça te plaît, et j'attends avec impatience la suite ! ♥]
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Hikari Hakumei
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MessageSujet: Re: Des poules, et encore des poules ! ||PV : Hikari ♥ Sam 30 Oct - 11:41

  • Les faits étaient étranges en effet. Cependant, Hikari laissa son amie les exposer sans dire un mot, se contentant d’écouter en silence et de suivre le raisonnement de l’Horloge. Tout paraissait évident, formulé de cette façon. Et avec un léger sourire elle se dit qu’elle était heureuse d’avoir pour confidente une exorciste aussi brillante. Autrefois déjà, elle aurait accordé beaucoup d’importance à l’intelligence de ses potentiels amis – et c’était affreux à dire, mais elle trouvait cela simplement normal – seulement, elle n’avait alors jamais voulu être entourée de quelqu’un d’autre que de sa sœur. Mais aujourd’hui, en période de guerre, alors que, bien malgré elle à l’origine, elle avait laissé des gens entrer dans son cœur, il lui semblait d’autant plus essentiel que ceux qui l’entourent sachent se servir de leurs cerveaux. A vrai dire elle aurait presque pu avoir honte car elle savait pertinemment qu’elle-même n’aurait pas tiré aussi facilement ces conclusions de ces faits étranges. Et elle se sentit apaisée de savoir par quoi commencer le lendemain.

    « Hm. Non, je n’ai rien à rajouter, vraiment. Même s’il me paraît probable que des akumas trainent encore dans les environs. Après tout, les enfants des fermiers ont été assassinés voilà peu de temps. Je vois mal ces démons partir sans commettre d’autres meurtres au passage. » Sa voix était un peu endormie, et en effet, après le voyage et la chaleur immonde de la journée, elle se sentait de plus en plus amorphe.

    Evangeline était assise sur un rocher, et elle, sur l’herbe fraiche juste à coté. Se déplaçant légèrement, elle vint appuyer son dos contre les jambes de sa meilleure amie, et laissa sa tête tomber contre les genoux fins de l’exorciste. C’était tout simplement parfait de pouvoir sentir la présence de la jeune fille à ses cotés. La solitude était devenue insupportable. Certes, elle l’avait recherché à ses débuts. Mais au final, elle n’était pas habituée à être réellement seule, ayant toujours profité de la présence de sa sœur à ses cotés. Aussi, le fait que quelques compagnons de malheur se soient obstinés à forcer ses barrières l’avait rendue heureuse – une fois qu’elle avait cessé de les voir comme des intrus bien trop encombrants.


    « Bien. Evaaa… si nous passions à quelque chose de plus agréable ? »
    Sa voix paraissait étrangement calme, pourtant une lueur de malice illuminait ses yeux braqués sur les étoiles.

    Evangeline était… attirée par quelqu’un. Seulement, il lui semblait que la grande russe ne s’en était toujours pas rendu compte. Après tout cette personne était follement excentrique, et plus de la moitié de la congrégation payerait cher pour l’étrangler. Elle-même, s’était contenté de le croiser à plusieurs reprises – c’était une étape obligatoire pour chaque exorciste – et elle avait vu un peu de sensibilité en lui en le voyant se pencher sur d’autres symbiotiques. Il connaissait les expériences qu’avait mené la Congrégation. Tout comme il savait les dommages que causaient les innocences à ceux qui fusionnaient avec elles ; les Symbiotiques. Insouciante, ne se souciant plus des dégâts que subissaient son cœur à chaque activation, Hikari laissa la lumière envahi ses doigts. De minuscules étincelles dansèrent autour de ses phalanges, et elle eut un soupir, reflet de la plénitude qui l’envahissait. Les petites flammèches se fondirent les unes dans les autres et elle referma son poing sur la lumière qui frôlait sa paume. Sa peau parut de nouveau grise sans la clarté éblouissante de son arme. Puis ses doigts se déplièrent et un petit papillon translucide et blanc répandit sa douce aura en déployant ses ailes. Il virevolta non loin avant de s’évanouir dans l’obscurité d’un bosquet voisin. L’innocence rejoignit son cœur et elle ferma les yeux. Etait-ce donc Komui, le grand intendant, qui ravirait l’âme de sa meilleure amie ?

    Eva avait aimé Lavi. L’aimait-elle encore, Hikari ne saurait le dire. Mais elle avait toute confiance en l’Horloge, aussi, elle refusait de s’inquiéter. Pourtant, un certain soulagement avait accompagné son amusement lorsqu’elle avait aperçu le regard un peu trouble de l’exorciste au moment où l’intendant leur avait confié cette mission idiote.

    « Dire que sans Komui nous ne serions pas ici… Hm. Tu n’aimes pas la boue, et moi non plus, mais cette mission s’annonce prometteuse. Et puis nous sommes ensembles. Au final nous pouvons le remercier, je préfère cela à un champ de bataille sur lequel nous nous serons noyées dans le sang. »

    Elle fit semblant de se plonger dans ses pensées. Enfin, pas réellement semblant. Durant quelques secondes, elle joua à celle qui ne serait pas ici pour combattre des monstres. A celle qui ne serait qu’une adolescente en week-end chez un oncle fermier, accompagnée de sa plus précieuse amie, et qui, éloignée pour quelques heures de celui qu’elle aimait, se languissait de sa présence en observant un ciel rempli de millions de lumière bien plus étincelantes que la sienne.

    « Il est courageux, lui aussi. Il ne se bat pas, mais il observe des êtres qui lui sont chers partir au combat chaque jour. Et il doit attendre sans rien dire. Puis réparer les dégâts. »

    C’était triste. Elle l’imaginait, donner une mission dangereuse à sa petite sœur, puis faire semblant de pouvoir travailler ( travailler… lui… ) ou d’aller bien, alors qu’il croyait mourir en attendant qu’elle revienne. Oui, l’intendant était comme beaucoup d’entre eux : deux visages, l’un qu’il offrait au monde. L’autre qui cachait ses faiblesses et ses craintes les plus affreuses. Son vrai visage, sans doute. Hikari faisait parti de ceux qui offraient une façade austère et glaciale, mais dont le cœur se consumait de millions d’émotions brûlantes. Lavi, préférait rire. Même lorsqu’il avait la tête ailleurs. Et un trou quelque part au fond de lui. Ils cachaient tous des plaies sombres et infectées. Et parfois elle n’en pouvait simplement plus de faire semblant de ne pas vivre dans ce monde. De jouer l’enfant rêveuse qui méprisait les prétendants à son amitié. Alors parfois – oh mais juste parfois – elle s’abandonnait à ceux qui insistaient. Et elle montrait sa douleur mais aussi ses sourires, l’affection qu’elle savait donner. Et la mélancolie froide et réservée laissait place à une flamme qui n’aurait jamais du s’éteindre.

    Mon dieu, c’était simplement trop dur. Mais ils se raccrochaient les uns aux autres. Et ce moment devait être de ceux qui l’aideraient à vivre. À survivre.

    « Enfin bref. Que penses tu de la population masculine à la Congrégation ? » un vague rire agita sa voix, et fit trembler ses épaules. Le lien avec ses paroles précédentes était ténu. Le changement de sujet peu discret. Mais elle s'en moquait bien. Elle n'avait pas dit tout cela pour rien.

    Et c’était juste parfait, de rester ainsi, appuyée contre une amie, à parler comme si le monde n’allait pas exploser le lendemain. Encore une fois.

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MessageSujet: Re: Des poules, et encore des poules ! ||PV : Hikari ♥ Mar 7 Déc - 8:45



L O V E L E S S
prologue
When the war of the beasts brings about the world's end
The goddess descends from the sky
Wings of light and dark spread afar
She guides us to bliss, her gift everlasting



Elle s’était appuyée contre ses genoux.
Evangeline sentait la chaleur de sa meilleure amie se diffuser le long de ses jambes menues. La nuit était froide, et la lune brillait entre quelques rares nuages. La sensation était si agréable que l’exorciste aurait aimé passer le reste de sa vie sur ce caillou gelé, en compagnie de sa chère confidente qu’elle avait rencontré quelques années auparavant. Les cheveux foncés de son amie lui tombaient sur ses rotules, puis ses mollets, si bien que l’horloge entreprit de les coiffer avec ses doigts de pianiste. Elle saisit une mèche de sa somptueuse chevelure, puis la tourna entre ses doigts cadavériques, avant de la lâcher pour en saisir une autre. Elle poursuivit ses caresses en écoutant Hikari, puis lorsque celle-ci parla du Grand Intendant de la Congrégation, l’horloge stoppa le mouvement.
Komui Lee. Evangeline parla instantanément de ce personnage haut en couleur.
[center]« Oui, sans lui, nous ne passerions pas une belle nuit comme celle-ci, ensemble. Sans lui, nous ne nous serions même pas rencontrées, et nous n’aurions jamais connus toutes les fabuleuses personnes qui nous entourent… Lavi, Yûbaka… Il est vrai que c’est lui qui nous a envoyé au champ de bataille, cette guerre sainte contre le Comte, mais je ne lui en veux pas, et je ne lui en voudrais jamais. Il la changé ma vie, je te l’ai déjà expliqué. C’est grâce à lui que je vis, je lui dois tout. Je n’hésiterai pas une seconde à donner ma vie pour lui. »
Evangeline rougit, et se sentit bête de ce qu’elle venait d’avancer. Il était vrai qu’elle avait tenu les mêmes propos à destination de sa meilleure amie Hikari ainsi que pour Lavi. Ce fut cependant une nouvelle, qui avait dépassé la frontière de ses lèvres sans qu’elle ne s’en aperçoive, pour ce qui était de Komui. Elle poursuivit après avoir nerveusement toussoté.
« Il est courageux. Je pense… Non, je suis persuadée qu’il souffre énormément. Il envoie les personnes chères à son cœur à la mort, et pourtant, il continue de faire bonne figure et d’être un bienveillant patron. Komui est un excellent acteur, et ne montre pas ses sentiments. Je te parle évidement de ses véritables sentiments, ceux qui sont enfouis si profonds dans son être qu’il est difficile d’en apercevoir le bout. Ses craintes, ses peurs, ses angoisses et ses faiblesses. Je l’admire. Et je le déteste par la même occasion. J’aimerai tellement qu’il se confie à moi, après tout, nous nous connaissons depuis si longtemps qu’il connait tout de moi… et je n’ai pas l’impression de le connaitre si bien que ça, j’ai peur qu’il ne me fasse pas une totale confiance comme je lui fais. Je ne veux pas simplement voir sa façade tout-sourire qu’il a l’habitude de porter sur le visage ! J’aimerais tant qu’il soulage ses peines, qu’il relâche cette pression insoutenable, et qu’il sorte de cette dépression imperceptible. J’envie Lenalee. Je pense qu’il lui confie de ses impressions… tu ne penses pas ? Enfin, je n’ai pas de raisons d’être jalouse de sa sœur… Après tout, elle est la personne la plus proche de Komui… »
Ce fâcheux Komui Lee. Depuis quelques temps, Evangeline n’arrivait plus à soutenir son regard profond. Ses magnifiques prunelles noires. Son visage aux traits fins. Son corps élancé, souple, si harmonieux dans son costume blanc. Ses cheveux de jais, lisses et retombant audacieusement le long de sa nuque… Lorsqu’elle devait se rendre dans son bureau, elle semblait nerveuse et n’osait pas l’approcher de trop près. L’horloge se sentait légèrement défaillir et perdre sa rationalité lorsqu’ils se tenaient des propos. Qui plus était, dès qu’il s’approchait d’elle pour la tenir dans ses bras, comme il le faisait habituellement, les pommettes de l’exorciste, ordinairement si pâles, se teintaient aussitôt d’une jolie couleur rosée…. Enfin rouge. Bref, écarlate. Dès que le Grand Intendant daignait se tenir à moins d’un mètre d’Evangeline, celle-ci sentait son cœur faire un sacré bond dans sa poitrine menue.
Avant de partir en mission à la campagne, Evangeline avait du se rendre dans son bureau afin de remettre ses tests biologiques hebdomadaires à Komui. Lorsqu’elle fut entrée, celui-ci l’invita à se détendre dans son canapé, et la supplia –avec toute la gentillesse du monde collée sur le visage- de l’aider à mettre de l’ordre dans son bureau. Evangeline, qui d’habitude, prenait un malin plaisir à l’envoyer au Diable se vit contrainte de l’aider lorsqu’elle vit sa figure si… attendrissant, si belle. Elle se mit donc en quête de nettoyage, en compagnie –tout de même- du patron des lieux. La tâche fut ardue, mais lorsque le travail fut fini, Evangeline voulut se reposer et s’assoir dans le moelleux canapé. Apparemment, les deux imbéciles avaient eu la même idée au même moment, puisqu’ils se cognèrent. Conséquence inévitable : Eva se ramassa lamentablement. Mais pas n’importe où, voyons ! Sur Komui, bien évidement –tss petits joueurs ! Comme dans les mignons shojos, vous savez ! Imaginez deux secondes la tête de notre exorciste farouche ? HAHA ! J’en perds mon latin tellement ce fut drôle !
Bon, ne nous attardons pas sur des évènements de seconde zone. *toussote*
Evangeline avait été prise au dépourvu par la dernière question qu’avait soulevée la belle et ténébreuse Hikari. Elle ne sut quoi répondre dans l’instantané, et ponctua ladite question par un magnifique et énonciateur « Euh ». Elle se gratta le haut de la tête un court instant, avant d’enchérir son unique syllabe.
« Eh bien… c’est une bonne question. La gente masculine ? »
L’horloge désarticulée vit instantanément l’image du Grand Intendant s’afficher devant ses prunelles azures. Elle secoua la tête.
« Je pourrais te retourner la question Hikari ! Bien que je sache déjà qui fait battre ton cœur innocent… Ah Lavi, ce stupide frère ! Il me fait tant rire, il remplit mes journées de passion et de folie. Mais ça, tu le sais déjà, n’est-ce pas ? Après tout, c’est toi qui as conquis son cœur de rouquin ! Ha ! Disons, à part notre cher ami borgne… Je ne vois… euh… Ce stupide Yûbaka ? Il est vrai que Kanda est fort bien beau, huhu, mais jamais je ne pourrais tomber amoureuse de ce stupide individu ! Il restera à vie mon plus fidèle rival ! Mis à part ces énergumènes… »
Il était temps qu’elle se confie maintenant. Cela durait depuis trop longtemps, et l’occasion était trop belle pour la laisser passer. Les missions avec Hikari ne se présentaient pas chaque jour, et cette nuit faiblement étoilée paraissait propice aux révélations.
« Hikari… Je ne sais pas ce qui m’arrive en ce moment. Je crois que je suis malade… Mais pourtant, je ne suis étrange qu’en présence de Komui. Tu sais ce qui m’arrive ? Je n’y comprends plus rien, ça me déboussole totalement ! Tu sais comme je suis droite dans mes jugements, si bien que là, c’est peut être l’une des rares fois où je me sens mais alors… totalement décalée. Je ne comprends pas. Mon cœur bondit dans ma poitrine dès que je le vois, et mes joues brûlent quand je croise son regard. Cela devient vraiment embêtant, car comment puis-je être une bonne exorciste si je n’arrive plus à regarder mon patron en face ?! »




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[VOICI avec beaucoup de retard ! c'est un peu plus court que d'habitude, mais il faut faire avancer nos RPs !! ♥ J'espère que ça te plaît Yume-chan ♥]
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MessageSujet: Re: Des poules, et encore des poules ! ||PV : Hikari ♥

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Des poules, et encore des poules ! ||PV : Hikari ♥

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